Autre numéro



n°09 (septembre 2000)
Agenda-journal intersticiel de la mouvance anarcho-alternata-squat-antifa-féministe-précaires,etc. (Lôzane et ailleurs) c/o Infokiosk, Espace autogéré, av. César Roux 30, CH-1005 Lausanne

Cultivons la subversion ! Subvertissons la culture !

La culture? Veuillez voir au rayon loisirs

Qu'est-ce que la culture? Dans notre société la culture a été reléguée au rayon loisirs. Les vacances, les congés payés ont été arrachés aux patrons par la lutte. Mais les capitalistes ont vite compris qu'ils pouvaient tirer profit de ces conquêtes du mouvement ouvrier. Ainsi est née l'industrie du loisir afin que notre aliénation ne se limite pas au temps de travail. Déposséder les gens de leur culture c'est aussi rendre plus difficile toute tentative de révolte.
La culture qui nous est imposée c'est pour la récré. Elle a été réduite à un facteur de distinction sociale: "t'écoute de la techno, j'écoute du rock", "je vais voir tel film, tu vas voir telle expo", "j'aime la pub et la télé". Comme tout dans cette société, cette culture se consomme, c'est-à-dire qu'il ne faut pas que nous ayons un quelconque pouvoir sur elle. Tout tend à être produit plus ou moins sur le même modèle. Tout doit être uniformisé. Le soi-disant choix n'est qu'illusion. Et pour singer la démocratie, rappeler que la compétition c'est partout, nous pouvons voter à Métrociné et pour telle chanson au hit parade.
Si nous allons aussi au cinéma, à des concerts, des expos ... la culture pour nous ne saurait se limiter à cela. Comme le stipulait le manifeste de Zaffaraya à Berne à la fin des années 80: «la culture ne s'arrête pas à la consommation de livres, d'images, de symphonies, de films , de pièces de théâtre; et c'est encore moins là qu'elle commence. Nous comprenons la culture comme une reconquête de cet espace vital où les êtres humains se rencontrent pour manger ensemble, parler ensemble. Culture signifie vivre, apporter témoignage de ce que nous sommes en étant conscientEs de nous-mêmes, ou au moins de ce qui nous empêche d'être nous-mêmes».


Appel à la manif du 23 septembre

- Pour une alternative à la culture élitiste et au consumérisme populaire
- Participation plutôt que consommation
- Pour des lieux gérés par celles et ceux qui les font vivre
- Arrêt des expulsions
- Arrêt de la répression policière et retrait des plaintes
- Pour l'affichage libre en ce qui concerne les activités non commerciales


La situation a bien changé depuis le début des années 80. Si à cette époque les bistrots fermaient tôt et qu'il n'y avait pas de lieux de rencontre, la libéralisation en cours aujourd'hui voit le nombre d'établissements se décupler et les horaires de fermeture sont repoussés toujours plus loin. C'est que depuis Lôzane bouge, les politicienNes ont bien compris que ne rien faire n'était pas rentable. Aujourd'hui nous avons donc le droit de nous amuser un peu mais sommes priéEs de consommer pour remplir les tiroirs-caisses des managers de la culture et autres cafetiers qui ont su surfer sur la vague. Organiser des activités culturelles sans rentrer dans cette logique reste difficile.
Quelques exemples parmi tant d'autres:

- Tir groupé a été menacé d'expulsion de ses locaux par le Canton pour avoir organisé des activités après 19 heures ! Aujourd'hui, une solution semble avoir été trouvée, qui permettra d'ouvrir jusqu'à 22 heures 30.
- L'association ... E la nave va est à la recherche de locaux pour faire vivre une scène musicale "live" depuis une année et demi.
- Ciné-clap a vu disparaître sa salle de projection avec la destruction du dépôt de Prélaz.
- Le squat de la Cité voit ses activités mises en péril avec l'obstination du proprio (Etablissement cantonal d'assurance) à vouloir les expulser, plaintes et poursuites judiciaires à la clé.
- Concernant l'Espace autogéré, la Ville accorde finalement un lieu tout en laissant la police continuer à criminaliser le mouvement. Plaintes et inculpations à la pelle.
- Annoncer des activités culturelles et politiques par voie d'affiches reste toujours aussi difficile. La police poursuit les colleuses et colleurs d'affiches. Les amendes qui en résultent sont difficilement payables pour qui n'organise pas des manifestations commerciales.


INTERSQUAT

Squat de la Cité
Mardi 29 août, le réveil est pénible : vers 7h30, perceuse et hache maniées par un huissier zélé viennent finalement à bout de la porte du n°2, rue Charles-Vuillermet, barricadée à la hâte.
Les intrus : les représentants de l’ECA (propriétaire) parmi lesquels Daniel Verdon et Gilbert Morandi et la juge Marianne Fabarez-Vogt, accompagné de leur « petit » cortège (huissier, policiers en uniforme et en civil, fourgon de la police, etc.).
Leur mission : mettre les occupant-e-s à la rue pour laisser la maison vide en attendant un éventuel feu vert pour la démolition d’ici 2001 !
Leur méthode : Menés par l’efficace lieutenant Savoie, des policiers municipaux en uniforme encerclent les occupant-e-s regroupé-e-s sur la terrasse. Refusant d’obtempérer, les occupant-e-s finissent par être poussé-e-s dehors, où des voisins s’insurgent déjà contre les responsables de l’expulsion.

La presse finira aussi par débarquer pour gober sans sourciller la version 100% révisionniste de la police : en fait, il n’y aurait pas eu d’expulsion, les occupant-e-s seraient sorti-e-s « de leur plein gré » (bien sûr, en défonçant la porte au passage) ! Ni une, ni deux, c’est aux environs de 18h qu’une quarantaine de personnes repartent victorieusement à l’assaut et réoccupent encore plus de leur plein gré la maison, au nez et à la barbe des sécuritas.
Le scandale de cette expulsion est multiple .. A l’origine, elle avait été justifiée par la juge en invoquant pour seul motif, le manque de sécurité de l’immeuble. Puis, suite aux travaux effectués avec l’aide de professionnels, il a été officiellement admis que la sécurité n’était plus un problème et que la maison était habitable. Malgré l’évidence, la juge maintient l’ordonnance d’expulsion sous prétexte que la représentation des occupant-e-s n’est soudainement - après 2 mois de procédure - plus acceptable ! Pourquoi un tel revirement ? On savait déjà que l’ECA avait le bras long et le copinage facile, alors si on peut offrir un carnotzet au Grand Conseil ou se payer l’architecte de la ville, pourquoi pas une juge ?
Par ailleurs, l’expulsion s’est déroulée en même temps que la rencontre prévue entre l’ECA et le syndic J.-J. Schilt, qui se voit ainsi doublé alors même que le but était de discuter d’une solution. L’ECA prouve ainsi une nouvelle fois sa duplicité et son refus de négocier quoi que ce soit ! De plus, les policiers municipaux seraient intervenus sans respecter la voie hiérarchique et par conséquent, de manière abusive.
Enfin, les frais d’(in)justice s’élèvent à 1700.- et sont facturés aux 3 personnes représentant les occupant-e-s. La justice, qui a pourtant refusé de les considérer comme des interlocuteurs valables, nous offre donc un joli paradoxe : taisez-vous, mais payez !

La Plaisante
A Chailly c'est joli, On y plaisante 26. Les Pirates et les Indiens de feu Prélaz goûtent aux plaisirs de la nature et du calme dans leur nouveau tipi. Seul nuage pâle à l'horizon, l'insistance des cow-boys des S.I. à garder leur puits éloigné, complique passablement la vie de la paisible communauté.
Tous les Lundis 20 h. Bouffe végétarienne + Activités diverses

Prélaz terrain vague
Plus d’un mois et demi après l’expulsion de Prélaz, toujours rien n’a été entrepris comme travaux sur le site, excepté la démolition. La seule chose qui ait été faite, c’est la pose de gabarits sur la parcelle attenante et le dépôt d’une mise à l’enquête concernant celle-ci, et avant l’aboutissement de laquelle les travaux de terrassement pour les deux parcelles ne pourront pas commencer (24H du 22 août 00). Pour autant qu’il y ait des oppositions à cette deuxième partie du projet, les travaux ne sont donc pas prêts de commencer. Tout le monde se demande donc logiquement pourquoi l’expulsion des squatters/euses pressait tellement, et pourquoi toutes les mises à l’enquête que nécessitait le début des travaux n’ont pas été faites avant d’expulser les occupantEs. Et cela permet également de juger de la probité des médias, de la municipalité et des TL quand ils prétendaient dès mars 2000 que l’espace autogéré empêchait les travaux de commencer. Qu’on se le dise...

Squat palace : 3 ans, et après... ?
Dernièrement squat palace vit des heures belles et moins belles. Alors qu’on a fêté avec succès trois ans bien sonnés de cohabitation féministe, une menace s’est mise à planer sur la maison de l’avenue de cour 11. Pour ne pas trahir l’atmosphère régnant actuellement à Lausanne, cette maison est elle aussi menacée de tomber. Comme vous l’avez sûrement remarqué, le quartier sous-gare se fait de plus en plus chic. Notre maison elle aussi va le devenir bientôt, grâce aux rénovations que son propriétaire va engager. Ou alors il se décidera peut-être plutôt pour une nouvelle construction, plus moche qu’avant. Pour l’instant, le bon monsieur étudie la chose, sa rentabilité et tout et tout... Il a en tout cas fait une demande préalable à la ville pour une mise à l’enquête. Celle-ci n’est pas encore en cours, mais va probablement intervenir dans quelques mois. Nous restons donc sur nos gardes, ces signes avant-coureurs ne sont peut-être que de simples mesures d’intimidation. Nous ne bougerons pas d’un pouce tant que des travaux ne seront pas commencés.
Salutations anarca-féministes

Réunions de l’Intersquat
Chaque premier lundi du mois dans un lieu tournant. La prochaine aura lieu le 2 octobre à 19h00 à la Crypte (Squat de la Cité, Pl. de la Cathédrale 11). Ouvert aux personnes habitant en squat, ayant des activités dans un squat, soutenant les squats ou développant des activités politiques ou culturelles alternatives.


117 FM, l'information neutre et objective

Beau-Séjour vidé...
une rumeur qui rapporte gros

La maison de Beau-Séjour, qui était gérée par l'ALJF a été délaissée par ses habitantEs pour laisser la place au nouveau propriétaire qui veut rénover. Une folle rumeur annoncée par la police par le biais du capitaine Bezençon courait comme quoi l'Espace Autogéré allait occuper les lieux (si ça avait été le cas, ça n’aurait certainement pas été annoncé sur le site web comme le prétendait ce monsieur). Le proprio a donc engagé une armada de sécuritas pour surveiller la maison 24h/24... Une rumeur qui rapporte gros à certaines entreprises de sécurité.... On se demande quelle est la prochaine rumeur que nous préparent les stratèges de la police municipale qui savent parfois faire preuve d'une surprenante imagination !


26 septembre (S26) Journée mondiale d’action contre le capitalisme

Du 26 au 28 septembre, environ 20’000 banquiers, économistes et investisseurs du monde entier se réuniront à Prague à l’occasion du 55e congrès annuel du FMI (Fonds monétaire international) et de la Banque Mondiale (BM). Cet événement prestigieux de l’élite économique mondiale revêt une importance spéciale. D’une part c’est le première fois que ce sommet à lieu en Europe de l’Est. D’autre part, les délégués se réuniront pour proposer un schéma de libéralisation totale de l’économie mondiale.
Nous ne sommes pas d’accord. Nous considérons la mondialisation ainsi que les politiques de la BM et du FMI comme une cause majeure des problèmes actuels du monde et non comme une chance pour la majeure partie de l’humanité qui vit dans la misère ou comme une opportunité pour réduire la crise écologique.