Autre numéro




n°20 (automne 2001)Spécial Gênes
Agenda-journal intersticiel de la mouvance anarcho-alternata-squat-antifa-féministe-précaires,etc. (Lôzane et ailleurs) c/o Infokiosk, Espace autogéré, av. César Roux 30, CH-1005 Lausanne

Manifs monstres à Gênes contre le G8

Malgré la stratégie de la tension mise en place par l'Etat italien,bombes et colis piégés,l'occupation policière et militaire de Gênes et la fermeture partielle des voies d'accès ce sont 50'000 personnes qui participèrent le jeudi 19 juillet au cortège international des migrantEs, des dizaines de milliers tentèrent des pénétrer dans la zone rouge le jour suivant et plus de 200'000 manifestèrent le samedi 21.En ce sens ce fut un beau succès,les gens ne se laissant pas intimider,bien au contraire.La solidarité et l'accueil du tiers des habitantEs qui avaient décidé de ne pas déserter la ville rendue invivable depuis des semaines en raison des contrôles policiers fit plaisir à voir.Cette gigantesque mobilisation,le pouvoir avait cependant décidé de nous la faire payer au prix fort:le meurtre de Carlo Giuliani bien sûr,mais aussi de nombreux/ses manifestantEs traumatiséEs,blesséEs parfois gravement suite aux coups de matraque,lacrymo,passages à tabac et tortures infligés par les divers corps de police.Suite à ces exactions,des manifestations organisées en quelques jours seulement,réunirent, dans toute l'Italie,plus de monde encore que lors du sommet du G8.La solidarité internationale,même au milieu de l'été a marché à fond.Face à la désinformation et à la répression toujours plus féroce,de nombreuses questions se posent aujourd'hui aux diverses composantes du mouvement.
La résistance contre le capital et les Etats n'a pas commencé à Seattle,elle ne s'arrête pas à Gênes ! Pas de justice,pas de paix !



Sous la plage,les pavés !

Pendant et dans l'immédiat après Gênes beaucoup de choses ont été dites sur la violence.Celles et ceux qui aujourd'hui se plaignent que le contenu de leurs proposi- tions n'a pas été entendu à cause de la “ violence ”,sont les mêmes qui alors s'en prenaient vertement à l'action directe de certaines composantes radicales faisant ainsi passer à l'arrière-plan la violence autrement plus réelle,destructrice,meurtrière et quoti- dienne des Etats et du capital.Les médias aux ordres ne demandaient pas mieux.Nous avons ainsi eu droit à des raccourcis du type black bloc =casseurs =anars =fascistes = flics.Autant dire que le débat d'idées et l'analyse critique ont beaucoup progressé durant le sommet du G8.Nous ne remet- tons pas ici en question la sincérité de certainEs “ pacifistes ”voulant manifester de manière “non-violente ” comme ils/ elles disent,même si nous pouvons trouver quelque naïveté dans certains de leurs pro- pos et que nous trouvons le débat mal posé. Si une manif anticapitaliste peut être festive, la lutte qu'elle sous-entend n'a rien avoir avec le dernier happening à la mode,un remake de Woodstock façon MTV ou une balade en ville.Bref c'est pas fun,le fun étant un argument de vente pour marchandise capitaliste.Nous ne sommes pas intéresséEs par une mode “an t i -mon dial is ation ” o u enc o re “ no-global ”.Les modes passent,se consomment,notre révolte et notre rage de vivre non !

D'autres,les militantEs professionnelLEs néo-sociaux-démocrates,ne peuvent quant à eux/elles pas être soupçonnéEs de naïveté. Leur projet est de devenir représentantEs DU mouvement social,de se trouver un poste de médiateur/trice entre les oppriméEs qu'ils/ elles plaignent et les dominants à qui ils/ elles ont plein de conseils à donner pour un monde meilleur mais toujours capital- iste.Que penser de gens qui d'un côté revendiquent la liberté de circulation,de déplacement et l'ouverture des frontières et qui ensuite se plaignent que les flics n'aient pas arrêté les activistes radicaux aux fron- tières du pays d'abord,de la ville ensuite? Que penser de gens qui dénoncent le fichage politique et reprochent aux flics de ne pas l'utiliser pour arrêter préventivement des militantEs qui les dérangent?Que penser de gens qui ont intégré la toute puissance du contrôle policier ou feignent y croire et déclarent ne pas comprendre comment des militantEs peuvent pénétrer dans une ville et se fondre dans une foule de 200'000 manifestantEs.Que penser de cette vision policière de l'histoire ou chaque activiste radicalE serait manipulé par la police?Que penser de ces gens qui feignent de découvrir que des flics en civil déguisés en manifes- tants se mélangent à la foule?On peut et l'on doit parler de l'action des black blocs (BB). Mais ne confondons pas tout.De plus refuser de voir que des milliers de manifestantEs ne se revendiquant pas des BB sont allés à l'affrontement contre les flics relève d'une cécité à laquelle nous avons peine à croire. C'est là le mode d'agir de toujours de ces gestionnaires de mouvements,lorsque le contrôle de ceux-ci leur échappe,que d'accuser les franges antagonistes et rup- turistes de têtes brûlées,de leur dénier toute dimension politique et de les traiter d'infiltréEs.Dénoncer les anarchistes fait alors recette.S'imaginent-ils/elles peut-être que les réunions de préparation du Genoa social forum (GSF)ne comptaient pas leur lot de flics en civil?Nous viendrait-il pour autant à l'idée de déclarer que les manifs organisées par le GSF sont l'émanation de la police?

Ce qui s'est passé à Gênes,et nous nous en réjouissons,c'est la rencontre dans l'action directe de diverses réalités antagonistes,qui comprenaient également des manifestantEs sortant des rang d'organisations réformistes. Furieux,les leaders de ces dernières,ayant perdu momentanément le contrôle de leurs troupes,et du même coup la reconnais- sance par le pouvoir,déclarèrent qu'il s'agissait en fait de manifestantEs “ violen- tEs ” s'étant emparéEs de leurs drapeaux et autres sigles.

Une chose frappe et inquiète cependant. C'est l'alignement du discours de ces ges- tionnaires mais aussi de nombreux/ses mili- tantEs pacifistes sur celui des mass médias. Cette capacité de la presse bourgeoise à imposer les termes du débat.Cette incapac- ité d'une partie du mouvement à raisonner en ses propres termes.N'est-il pas effrayant d'entendre des leaders d' “ organisations responsables ”considérer les populations auxquelles ils/elles s'adressent comme “ le public ” plutôt que comme des acteurs et des actrices (potentielLEs)dans cette lutte qui pour nous doit être contre toutes les dominations.De là viennent ensuite ces dérives qui consistent à faire des actes de contestation et de résistance des chorégra- phies,parfois arrangées à l'avance avec l'Etat,jetées en pâture aux photographes et cameramen de la presse capitaliste.Et gare à celles et ceux qui ne se contenteraient pas du spectacle.



Assez de faux-débats

Il nous faut parvenir à reposer le débat et des analyses sur nos actions,messages et modes d'agir dans nos propres termes. Nous ne sommes pas de la chair à médias. A notre sens le débat,déjà tant ressassé dans les années ‘70,sur violence ou non- violence est un faux débat à haute capacité de division qui passe totalement à côté de l'essentiel.Pour nous la division passe entre celles et ceux d'en bas et celles et ceux d'en haut.Elle passe aussi dans un deuxième temps entre celles et ceux qui cherchent une reconnaissance de la part des dominants, un strapont i n,qui veul ent s'asseoi r à l a t abl e des “ grands ” et celles et ceux qui partent de l'à-priori qu'il n'y à rien à discuter avec les exploiteurs et assassins de ce monde.

Il n'y a pas plus à idéaliser la violence qu'il y a à faire de la non-violence un dogme.Parfois l'on se bat dans la rue,parfois l'on érige des barricades,parfois on y fait la fête,parfois l'on distribue des tracts,parfois l'on fait un théâtre de rue et parfois tout à la fois ou bien d'autres choses encore.Cela dépend des circonstances,de notre condition physique, de notre âge,de l'attitude de la police,de ce que l'on est prêtE à faire ou non,etc.La diversité tactique est une richesse.Sachons être imprévisibles.La question que nous devons nous poser est quel mode d'action pour atteindre quel but et ne pas oublier que la lutte se mène au quotidien,là ou l'on vit.



Nous reproduisons ce communiqué pour montrer sur quelles bases les anarchistes italienNEs ont mobilisé :

PATRONS DE RIEN,ESCLAVES DE PERSONNE A L'ABORDAGE DU FUTUR

L'État et le capital global produisent exploitation,pauvreté, destruction du milieu naturel,oppression,prison,racisme. L'Etat et le capital ne sont pas réformables.Il est impossible de démocratiser des organismes politiques et économiques (nationaux et transnationaux)qui ont comme unique but l'intensification de l'exploitation du travail et des res- sources.Donc nous rejetons toute tentative de réduire le mouvement contre la globalisation dans des logiques de dialogue et compatibilité avec les institutions.De même nous rejetons toute tentative de diviser ceux qui descen- dront dans la rue,les jours du G8 en bons et en mauvais, violents et pacifiques.S'il y a division elle est entre ceux qui prétendent contre toute évidence sauver le bon côté d'un capitalisme qui aujourd'hui manifeste sa nature la plus brutale dans le monde entier et ceux qui pensent comme nous que l'unique salut réside dans une société profondé- ment différente de celle qui aujourd'hui nous tourmente. Si violence il y a,c'est celle des États,des institutions nationales et supranationales et du capitalisme qui opprime et exploite des milliards d'êtres humains.

Nous porterons nos drapeaux dans chaque rue de Gênes et nous serons les jours du G8 dans la rue pour exposer aux opprimés les raisons de notre opposition au G8 et à tout ce qu'il représente.Nous soutenons la grève générale proclamée par les syndicats de base et nous serons le 20 juillet en cortège aux côtés des travailleurs pour répéter l'importance de l'auto-organisation hors et contre toute logique de concentration syndicale et sans se reproposer un modèle de “welfar-state “ qui a signifié l'étatisation du mouvement ouvrier,pour la défense,des garanties sociales acquises,pour parvenir à une qualité de vie digne pour tous.Nous serons présents le 19.07 en cortège aux côtés des migrants,pour réaffirmer que sans État ni frontière,personne n'est clandestin.Nous serons à la manif du 21.07 avec notre présence autonome répétant la nécessité d'une radicalisation des luttes sociales,échappant au scénario déjà écrit par ceux qui veulent dépeindre comme criminel quiconque échappe à la logique de la compatibilité avec les institutions.

Anarchistes contre le G8
1 er juillet 2001,trad.de l'italien



Actions de solidarité à Lausanne

Dimanche 22 juillet à 14h00,deux banderoles ont été suspendues sur le haut de la cathédrale de Lausanne.Les banderoles portaient les textes suivants: “G8-Italie:assassins -mondialisasang ”et “stop G8 ”.Cette action a été organisée en soutien aux manifestantEs de Gènes et pour dénoncer la terreur instaurée par le G8 autour de son sommet,aboutissant au meurtre d'un manifestant.Cinq minutes après la pose des banderoles, quatre voitures de police ont encerclé la Cathédrale,arrêtant et menottant un jeune cycliste qui avait eu le tort de passer par là.Cette intervention musclée montre bien la volonté des autorités d'étouffer toute contestation.
Communiqué ,22 juillet 01

Environ 70 personnes ont marché hier sur le consulat d'Italie.Un cercueil orné de banderoles sur lesquelles on pouvait lire:“G8-Italie:assassins ” et “Mondialisation:le sang coule ” a été déposé devant la porte du consulat.Des manifestantEs déguisés en policiers ont “abattu ” d'autres manifestantEs,les contours des corps étant ensuite peints sur la route.Le trottoir a été repeint en rouge et des affiches collées sur le consulat.
Communiqué ,le 23 juillet 01



Qui récupère qui ?

Suite aux violences attribuées au(x)Black Bloc(s),on a beaucoup entendu dire que les casseurs récupèrent les manifs. Quand cette théorie est le fait des chefs d'Etat et de la police,ça ne nous étonne pas :le but des gouvernants est de diviser pour mieux régner.Quand par contre ce discours est repris par des groupes « antimondialisation » en manque de reconnaissance institution- nelle,il est nécessaire de clarifier quelques points :

L'opposition de rue à la mondialisation capitaliste n'est pas née à Seattle,ni dans le bureaux des ONGs.Depuis de nom- breuses années,des groupes anarchistes, anti-impérialistes et révolutionnaires ont été des moteurs importants des mobili- sations,par exemple contre le sommet franco-colonial à Biarritz en 1994,à Lyon contre le G7 en 1997,à Genève contre l'OMC en 1998,etc.Si ces manifestations n'avaient pas mobilisé autant de monde que les manifestations actuelles et qu'elles n'ont pas réussi à bloquer les sommets, elles ont par contre préparé le terrain en avançant systématiquement une critique rad- icale du capitalisme et de ses fléaux.Alors qu'il y a encore peu de temps,le vocable de la gauche respectable se limitait à «l'anti- néo-libéralisme »,le terme anticapitalisme est maintenant repris par de larges pans du mouvement.

Quoi qu'on pense de la destruction de la proprité privée,il faut admettre que depuis le sommet de l'OMC en 1998 à Genève,c'est la «casse »qui a largement contribué à la médiatisation des manifes- tations et à une certaine prise de con- science collective de ce que représentent ces sommets (effets dont profitent bien aujourd'hui ceux qui crient à la récupéra- tion).Pour mémoire,la manif contre le sommet de l'Union Européenne et le G7 à Cologne en 1999 avait réuni plus de 30'000 manifestantEs (et plus de 10'000 policiers) :la presse internationale n'y a pas consacré une ligne.

Dans l'exemple des manifs contre le WEF à Davos,on se souvient qu'elles ont eu lieu successivement dès 1994 à l'initiative du groupe de solidarité avec le Chiapas,de groupes « gauchistes » et féministes,d'un groupe turc/kurde,du comité d'action « liberté pour Patricio Ortiz » et de la Coordination Anti-OMC de Suisse.Les cadres d'Attac- Suisse avaient explicitement appelé leurs troupes à ne pas se rendre à la manif anti- WEF 2000 pour ne pas se compromettre avec les autonomes et les casseurs.Voyant que la sauce prenait quand même et qu'ils étaient à la traîne,ils se sont par contre vanté des mois à l'avance de mobiliser pour l'édition 2001.Et après ça,ce genre de personnages osent affirmer à la presse que ce sont les radicaux qui récupèrent leur manif !… No comment.

Sans vouloir engager une lutte de paternité sur l'origine de la contestation,on constate que les anarchistes et autres révolution- naires (dont touTEs ne sont par ailleurs pas adeptes des actions commandos)sont présentEs depuis longtemps dans ces mou- vements,et qu'ils/elles en furent et en sont encore un moteur important en terme de mobilisations,de propositions et de critiques.Dire qu'ils/elles récupèrent les manifs actuelles et les vident de leur con- tenu est soit une preuve de mauvaise foi politicienne,soit une méconnaissance totale des mobilisations des dix dernières années.



Le mouvement ne parvient pas à se constituer en force politique ?

Les pantins qui nous gouvernent,les médias,les leaders d'assos,de partis ou de syndicats “responsables et représentatifs ” déplorent que n'émerge du “ mouvement antimondialisation ” une force politique de proposition. Nous pas,parce que:

a)la diversité est une richesse;
b)nous ne sommes pas prêtEs à sacrifier la confrontation d'idées au nom d'une efficacité discutable;
c)nous sommes conscientEs de ce qu'une figure de proue a de rassurant pour le pouvoir;
d)nous ne connaissons que trop bien ces "forces politiques "pour qui les mouvements sociaux ne sont que des hochets qu'elles aimeraient pouvoir agiter sur commande pour feindre d'effrayer le pouvoir;
e)nous n'avons que faire d'une reconnaissance institutionnelle,les intérêts des capitalistes et les nôtres étant inconciliables il n'y à rien à négocier,rien à discuter.
f)nous n'avons pas de conseils à donner sur comment gouverner mieux,nous n'avons que faire de leurs conseils sur comment "contester de manière constructive ".



Anti-mondialisation ou anticapitalisme ?

Si nous manifestons contre le G8,l'OMC,le WEF,le FMI,la Banque Mondiale,etc.,ce n'est pas parce que nous sommes contre la mondialisation à proprement parler. Non,nous sommes pour la mondialisation des luttes,pour des interactions mondiales entre groupes et individuEs,pour l'internationalisme (ou l'antinationalisme), l'abolition des frontières,pour la liberté de circulation et d'établissement,pour une répartition mondiale équitable des richesses et du pouvoir,pour une prise en considéra- tion globale des problèmes environnemen- taux.

L'antimondialisation,c'est bon pour les nationalistes,les défenseurs de l'Etat protec- tionniste ou les apôtres de la grande Europe. Quant à nous,nous sommes contre l'exploitation,qu'elle soit nationale ou trans- nationale.Nous nous opposons au capital- isme,au sexisme,au racisme et à la destruc- tion de la nature,globalement et localement.



Que veulent les anarchistes ?

Il y a différents courants parmi les anarchistes,il n'existe donc pas une doctrine toute ficelée,mais en gros on peut dire que les anarchistes s'opposent à toutes les formes d'oppression,d'exploitation et d'autorité imposée.A cela,ils/elles opposent les valeurs d'égalité,de solidarité et d'entraide mutuelle.Dans l'idéal anarchiste,l'absence de gouvernement n'est pas synonyme de désordre et de désorganisation sociale,mais au contraire de conscientisation et de participation effective de toutes et de tous à la plus ou moins bonne marche du monde où nous vivons.



Il reste des brochures “Et bing dans l'oeil ”

,qui contiennent entre autres un texte de motivation d'un black bloc présent à Seattle et un compte-rendu d’action directe pacifiste.Disponible à l’Infokiosk ou contre une enveloppe timbrée (format carte postale)



Stratégie de la tension,répression et torture

Les agressions policières sur les manifestantEs de Gênes étaient préparées depuis de long mois avant la tenue du G8.Il ne s'agit pas de dérapages,mais d'un travail préparé à froid dans les bureaux de l'Etat italien avec supervision américaine comme il se doit,et dont la répétition générale fut la répression sauvage des manifestantEs contre l'OSCE en mars à Naples (cf. T'Okup!n °16).La criminalisation du black bloc et par extension des anarchistes puis de l'ensemble des manifestantEs fait partie de cette stratégie. Avant le sommet du G8 ceci s'est notamment traduit par:

-des dizaines de perquisitions dans des centres sociaux et appartements de militantEs
-l'explosion ou la “découverte ”de bombinettes
-la mise à disposition d'une chambre mortuaire d'une capacité de 200 places !
-la mise à disposition des prisons d'Alessandria,Pavia,Vercelli,Voghera afin de pouvoir incarcérer des milliers de manifestantEs
-la transformation des casernes de Bolzaneto,de Forte San Giuliano et de l'acquartieramento de Fiera en lieu de rétention et finalement de torture
-la mise sur pied de faux black bloc amenés à créer le trouble durant les manifs
-Durant 4 mois,à Ponte Galeria,le Nucleo del primo reparto mobile di Roma,qui fera la sanglante descente à l'Ecole Diaz, quartier général d'Indymedia, fut entraîné aux méthodes américaines par deux shérifs de Los Angeles (Liberazione ,7-8 mars 01) Les résultats furent à la hauteur:
-le meurtre de Carlo Giuliani
-des centaines (500-700)de blesséEs
-de nombreuses arrestations et inculpations
-un mois après,encore 15 Allemands et 2 Italiens en prison

Les personnes arrêtées ont été battues, humiliées et torturées.Aux divers corps de police qui aujourd'hui se rejettent mutuellement la responsabilité des actes de cru- auté sont notamment reprochés:passages à tabac,matraquage,brûlure de cigarette, coups sur les blessures afin d'éviter de faire de nouvelles marques,d'avoir forcé les détenuEs de rester debout ou agenouiller durant des heures (jusqu'à 16)avec interdiction d'aller aux chiottes,d'avoir pissé sur des détenus,d'avoir chanté et fait chanter aux détenuEs des chants fascistes, d'avoir brûlé les poils de la poitrine d'un détenu alors qu'il était en visite sanitaire sans que le médecin ne bronche (La Repubblica 6 août 01),d'avoir fait aligner des détenues nues et leur avoir fait faire des génuflexion,menaces de viol auprès de femmes, insultes racistes,sexistes,homophobes et antisémites,fait signer de force un papier déclarant que le/la détenuE renonce à un traducteur,de contacter son avocat ou son ambassade,...
Notons que le ministre (néo-post-)fasciste Fini se trouvait alors à Forte San Giuliano et le ministre Castelli à Bolzaneto durant les sévices,afin,disent-ils,d'apporter leur soutien aux forces de l'ordre.Curieusement ni l'un ni l'autre n'ont rien vu rien entendu des faits reprochés.



Les preuves irréfutables de la police

Pour justifier son déploiement de force et sa sauvagerie l'Etat italien et ses polices parlent d'état de guerre et fabriquent des preuves à conviction.Ainsi les personnes arrêtées avec un couteau suisse sont accusées d'être armées de couteaux.Les tubulures de tentes de camping deviennent des barres de fer,des bâtons de diabolo sont qualifiée de “ fronde de grande envergure ”,le port d'un T-shirt noir une preuve irréfutable d'appartenance au black bloc,le fourgon sono des syndicats Cobas le véhicule qui arma le black bloc parce que s'y trouvait des hampes de drapeaux. Sept autrichiennes et neuf autrichiens de la Volxtheaterkarawane (théâtre de rue)ont également été arrêtéEs. C'est leurs accessoires de théâtre qui sont en cause.Qu'elles/ils aient été contrôléEs auparavant sans que rien ne leur soit reproché n'y change rien.Les flics ont joint aux T-shirt noir des artistes les culottes des femmes ayant leurs menstruations démontrant ainsi l'existence de taches de sang (La Repubblica,8 août 01).47 personnes furent arrêtées et sont aujourd'hui accusée d'appartenance au black bloc.



Prague,Göteborg,Gênes

Au plus tard après Gênes,il s'agit de se poser la question de comment poursuivre la lutte au regard de la répression qui s'abat sur le mouvement. A Prague déjà,850 personnes avait été arrêtées,certaines torturées (cf T'Okup!n °10),puis généralement relâchées sans inculpation.Toutes sont aujourd'hui libérées mais environ 16 sous caution.A Göteborg la répression changeait un peu de visage: matraquage en règle dans la rue,blesséEs graves dont certains par balles,puis vague de procès avec de lourdes peines (pour l'instant de 1 mois à deux ans et demi).Après Göteborg des Etats,dont l'Allemagne,réclament un répression accrue contre ce qu'ils appellent les "holigans politiques".Il est question d'une police anti-émeute européenne.Puis vint Gênes,un mélange des deux.

Solidarité contre la répression !



SA 10 NOVEMBRE 2001 GENÈVE

manif contre la réunion de l'OMC au Qatar