|
|
![]()
n°18 (juin 2001) Agenda-journal intersticiel de la mouvance anarcho-alternata-squat-antifa-féministe-précaires,etc. (Lôzane et ailleurs) c/o Infokiosk, Espace autogéré, av. César Roux 30, CH-1005 Lausanne Une mort prévisible* Les mesures de contrainte ont provoqué une deuxième victime : Samson Chukwu meurt lors de son expulsion. Les faits Il faisait nuit. Samson Chukwu dormait dans sa cellule du « Centre d'application de la loi sur les mesures de contrainte ». C'est comme ça qu'on appelle les prisons d'expulsion. A deux heures, deux policiers – membres de l' « unité spéciale d'intervention », des hommes de la police cantonale valaisanne formés pour la prise d'otage et l'intervention antiterroriste - ont pris d'assaut la cellule. Ils avaient le mandat d'amener le nigérian âgé de 27 ans à Zurich où l'attendait un charter de l'office fédéral des réfugiés. Cet avion est parti le matin du premier mai à destination de Lagos avec deux autres refoulés et un tas de policiers, mais sans Samson Chukwu. Il était déjà mort. Les différentes versions des faits Pour l'instant, on ne peut faire que des suppositions sur ce qui s'est passé le premier mai entre deux et trois heures dans la cellule de la prison d'expulsion de Granges. Ce qui est sûr, c'est que la version officielle ne peut être que fausse. « Le détenu a opposé une vive résistance », écrivait la police cantonale valaisanne le premier mai dans son communiqué, pour dire déjà le lendemain qu'aucune trace de violence n'avait été trouvée sur le corps de la victime. On s'approche de la vérité si on prend en considération le témoignage du camerounais Gilbert Kouam, qui a vécu, en avril 2000, dans la prison de l'aéroport de Zurich, ce qui se passe dans les cellules d'expulsion avant un vol charter de l'ODR. A quatre heures du matin, quatre policiers cagoulés du groupe d'intervention Diamant ont pris d'assaut sa cellule. Les fonctionnaires l'ont jeté sur sa couchette, lui ont fermé la bouche avec un oreiller, tordu les bras dans le dos, l'ont menotté et traîné dehors. Le lendemain, le médecin de l'hôpital universitaire de Yaoundé lui diagnostiqua des hématomes provoqués par des coups au thorax et aux extrémités et une blessure ouverte au menton. Le compagnon de cellule de Gilbert, resté à Zurich, retira son recours et se laissa ramener en Afrique. « Ils résistent toujours », ou comment justifier la violence des méthodes d'expulsion Les orgies de violences des flics batteurs ne sont pas gratuites. On veut dès le départ casser la résistance des détenus qui se sont opposés précédemment. Les détenus doivent être à l'heure à l'aéroport pour le départ des charters, sinon les milliers de francs que l'ODR investi pour le vol partent en fumée. « Si vous devez faire une expulsion de 'degré 4', vous ne pouvez pas opérer avec des sentiments », dit le chef de la police de l'aéroport de Zurich en 1999 à la télé. Samson Chukwu était donc couché endormi dans sa cellule quand les rambos valaisans ont fait irruption. Ils l'ont maté, l'ont couché sur le ventre, lui ont tordu les bras dans le dos, et l'ont menotté. Puis, soudain, l'homme ne réagissait plus, expliquent les autorités valaisannes. A 3 heures, le médecin appelé n'a pu que constater la mort du nigérian. De quoi Samson Chukwu est-il mort ? Pour les expertEs de l'institut de médecine légale de Lausanne, qui doivent rédiger l'avis médical, une hypothèse prioritaire se posera : « Positional Asphyxia ». Walter Bär, professeur à l'institut de médecine légale de l'université de Zurich, y avait déjà fait allusion dans son avis sur la mort de Khaled Abuzarifa (un plaestinien qui avait trouvé la mort entre deux policiers, pendant qu'on le déportait en mars 99, la bouche scotchée dans l'ascenseur de l'aéroport de Kloten). « Le terme de 'positional asyhyxia' » aurait servi à « décrire la mort de personnes en détention policière, qui, contraintes au sol par les forces de l'ordre après s'être fortement excitées et avoir résisté physiquement et verbalement, les poignets et les chevilles noués dans le dos et ainsi couchées sur le ventre, trouvent la mort en quelques minutes. » La responsable de la police bernoise, la radicale Dora Andres, refuse encore aujourd'hui d'assumer la mort de Khaled Abuzarifa. En Allemagne, les structures policières donnent des indications afin d'éviter ce genre de tuerie. « Se contenir plutôt que d'intervenir violemment » quand il s'agit d'arrêter des personnes excitées, écrit le magazine spécialisé de la police, et toujours éviter d'« immobiliser exagérément » les personnes se trouvant en détention policière. Directives qui auraient dû être entendues au plus tard après la mort de Khaled Abuzarifa. Et c'est là que commence la série de mensonges et de camouflages comme dans le cas de Khaled Abuzarifa. Pendant que les frères de Samson Chukwu attendent le permis d'entrer en Suisse de la police des étrangers, les autorités valaisannes traitent la victime de dealer et spéculent sur les causes de son décès qui les arrangent, comme l'avait fait à l'époque leur collègue bernoise. Politique raciste Une chose est claire : si on n'avait pas essayé de déporter Samson Chukwu avec un vol charter pour Lagos, le nigérian de 27 ans serait encore en vie aujourd'hui. A l'instar des deux policiers autrichiens qui n'ont pas été ennuyés suite à la mort de Marcus Omofuma, on peut se demander s'il va en être de même pour les deux fonctionnaires valaisans. Mais les vrais coupables se trouvent au département de Ruth Metzler à Berne et dans les étages des chefs des départements de Justice et de Police des cantons. Ils sont mus par du pur racisme, car ce qui est arrivé à Samson Chukwu, Gilbert Kouam et à Khaled Abuzarifa en Suisse, aucun fonctionnaire, aucune conseillère fédérale et aucun chef de département n'auraient même osé l'imaginer pour un suisse blanc. La réaction des autorités face à la mort de Samson Chukwu ne nous fait absolument pas penser que ce deuxième décès ouvre un débat et une réflexion sur la procédure d'expulsion. Les autorités valaisannes ne se posent aucune question sur l'intervention de la violence étatique dans les expulsions forcées. Comme dans le cas de Khaled Abuzarifa, les autorités des autres cantons et Berne affirment que seules les autorités cantonales sont responsables de la mort de Samson Chukwu. Comme dans le cas de Khaled Abuzarifa, elles affirment qu'il faut attendre les résultats de l'inspection judiciaire avant de commencer à discuter d'éventuelles mesures à prendre. Mais nous en avons marre de ces pseudo-arguements. Il faut arrêter cette politique. Après la mort de Samson Chukwu, toutes les expulsions forcées doivent être arrêtées immédiatement. Qui se tait est complice. Nous ne voulons pas des expulsions plus humaines. Nous ne voulons plus d'expulsion du tout. Et ailleurs en Europe ? La mort de Khaled Abuzarifeh et de Samson Chukwu ne sont pas des cas isolés en Europe. La construction de la forteresse-europe compte déjà son lot de mortEs. On se souvient de Semira Adamu, étouffée sous un coussin en septembre 1998 lors de son expulsion de Belgique ; en mai 1999, la mort du Soudanais Aamir Ageeb sur le vol de ligne LH 558 lors de son expulsion d'Allemagne, et du Nigérian Marcus Omofuma lors de son renvoi d'Autriche, pour n'en citer que quelques uns. Mais les protestations se multiplient. En juillet 1998, 31 personnes s'échappent du centre fermé pour demandeurs d'asile de Steenkkerzeel en Belgique, avec l'aide du Collectif contre les expulsions. En janvier 2000, les militantEs italienNEs ne viennent pas à Davos, car d'énormes protestations sont organisées autour des centres de rétention ou sont parqués les bootpeople albanais. On se rappelle aussi des occupations d'église et des grèves de la faim de mouvements de sans-papiers en France. En Allemagne, des campagnes pour lutter contre les renvois forcés ont aussi été lancées (voir ci-dessous). A Berne, une action de protestation a eu lieu à la journée "portes-ouvertes" de l'ODR, 11 jours après la mort de Samson Chukwu. Du coup les agents de sécurité ont empêché quiconque d'enter. Les réfugiéEs manifestent. 4'000 personnes, dont la plupart des réfugiéEs de toute l'Allemagne, ont manifesté le 19 mai à Berlin, faisant acte de désobéissance civile pour dénoncer une loi d'exception raciste. Cette loi assigne les réfugiéEs à résidence dans leur secteur géographique d'attribution et leur interdit ainsi de se déplacer à l'intérieur même de l'Allemagne. A l'appel de Voice Africa (auto-organisés), il est prévu d'éventuellement élargir cette transgression des frontières en faisant une caravane à destination du sommet du G8 à Gènes. Manifestation on-line Une manifestation on-line aura lieu le 20 juin dès 10h00, date et heure de l'assemblée des actionnaires de Lufthansa. Lufthansa, qui fait du fric en expulsant officiellement 10'000 personnes par années sur ses vols (30'000 selon d'autres sources), compte justement développer son secteur de vente de billets on-line. La manif virtuelle consiste à bombarder leur serveur (www.lufthansa.com) d'e-mails dans le but de le bloquer temporairement. Plus d'infos (aussi en français et anglais) : //stop-depclass.scene.as //go.to/online-demo Si vous voulez participer à cette action, le 2e site fournira un logiciel qu'il suffira de télécharger (fourni avec explications) pour mulitplier le nombre d'e-mails envoyés. Eglises occupées ! Ouvert le 25 avril, le refuge de Bellevaux a déjà dépassé un mois de lutte pour éviter l'expulsion des réfugiéEs kosovarEs (voir T'Okup! précédents) : piquets de solidarité tous les mercredis après-midi à la Palud, présence lorsque Claude Ruey en charge du dossier a fait un débat sur le taux unique à Montbenon, déployement de banderolle sur le toit de la Maison du peuple pour marquer la fin de la phase 3 des renvois planifiés par Berne, actions de sensibilisation et tractages au marché, présence remarquée lors du culte de pentecôte à la cathédrâle, travail médiatique,... Tandis qu'au refuge, étaient organisés concerts, débats et animations. Côté autorités, on peut avoir l'impression que rien ne bouge, mais des signes laissent penser que toutes ces actions les embarassent quand même (par exemple Ruey a fini par envoyer l'ensemble des dossiers à Berne). Cela montre que ça vaut la peine de lutter et qu'il faut continuer. Montrez votre solidarité en passant au refuge et en participant aux actions (tous les mercredis à 17h à la Palud, et consultez les programmes hebdommadaires) Aloys-Fauquez 9b, tél. 079/301.24.26 www.refuge-kosovo.ch A Fribourg, c'est une vingtaine de sans-papiers qui occupent depuis le 4 juin l'église St-Paul, revendiquant la libre-circulation des personnes, la suspension des mesures de contraintes et la légalisation en bloc de tous les sans-papiers, estimés à près de 10'000 dans le canton de Fribourg. Brèves L'extrême-droite helvétique serait-elle devenue pacifiste et antimilitariste ? On pourrait presque le croire à premier abord, quand on regarde leur campagne contre l'armement des soldats suisses à l'étranger, objet qui sera voté le 10 juin. Rassurez-vous, ce qui est en cause, c'est uniquement les guerres à l'étranger. Par contre, que l'armée continue à tuer ses propres recrues en Suisse lors d'exercices stupides ne les gêne pas. Le populisme de l'UDC de Blocher n'a décidemment pas de limites. Contre toutes les armées ! Contre toutes les guerres ! Contre toutes les droites ! Mumia Abu-Jamal: du nouveau Son équipe d'avocats a changé et de nouveaux documents ont été mis à jour, dont la déclaration d'un dénommé Beverly (juin 1999), qui affirme être l'auteur de l'assassinat du flic pour lequel Mumia a été condamné à mort (déclaration que le procureur a qualifié de "ridicule" et "d'invention"). Ces éléments ont été révélés le 7 mai dernier par le COSIMAPP (comité de soutien en France). Cela suffira-t-il à rouvrir un procès ? Echelon espionne Il est maintenant admis que le sytème d'écoute anglo-saxon Echelon balaie l'Europe. Il aurait notamment été utilisé lors du Forum économique de Davos pour intercepter des conversations ou des messages électroniques des déléguéEs avec leurs entreprises respectives. Dans un système qui prône à tout bout de champ la concurrence, il n'est guère étonnant que les capitalistes s'espionnent entre eux à des fins industrielles. Par contre, cela montre l'ampleur des dispositifs existants. Bien qu'on ne puisse pas savoir si ce genre de systèmes sont utilisés pour surveiller la population, il vaut mieux être sur ses gardes. Les téléphones portables peuvent facilement être mis sur écoute et permettent de vous localiser très précisément, même si vous n'êtes pas en communication. Presque n'importe qui peut lire vos E-mail ou SMS. Donc évitons de trop parler dans nos communications électroniques. Vous vous en foutez ? Alors pourquoi n'écrivez-vous pas vos lettres sur de simples cartes postales ? Affaire Primerose, énième épisode L'affaire remonte à 1997. La police charge une disco improvisée le soir d'Halloween dans les rues de Lausanne. Sans sommations: encerclement, sprayage au poivre et arrestation musclée. C'est que Lausanne tient à sa propreté. Cherchant à justifier son intervention brutale, la police transforme les participantEs en de violents émeutiers cherchant à « buter les flics » (c.f. rapport de police). Le tribunal boit du petit lait. Cinq jours de prison avec 2 ans de sursis pour un des participants qui, pendant l'attaque des forces de l'ordre, a osé s'exprimer au mégaphone (« restez groupés » fut sa seule phrase avant d'être menotté). Condamnation aujourd'hui confirmée par le Tribunal Fédéral. L'heure est à la tolérance zéro, et Lausanne est la Capitale Olympique. Manifestants, Manifestantes, le temps est venu d'apprendre à courir vite… les traînards finiront en prison ! Hygiénisme électoral (I) Le municipal droitier sécuritaire Olivier Français, alias Mr Propre s'était déjà illustré par son obsession d'une ville de Lausanne aseptisée. Ce qui a changé depuis, c'est que la municipalité à majorité rose-verte lui a allègrement emboité le pas, en demandant plus de 600'000 francs au conseil communal pour nettoyer la ville de tous ses graffitis et recouvrir les murs d'une couche protectrice. Hygiénisme électoral (II) Lorsqu'il s'agit de tags, graffitis, affiches ou toxicomanes, la ville aime à prendre des airs de nettoyeurs pour "rassurer la population". Par contre quand il s'agit de la qualité de vie dans les quartiers, c'est tout le contraire. Pour exemple, l'intervention des squatters du quartier de Montelly et de voisinEs contre les nuisances provoquées par le parking sauvage de l'entreprise de camions Tinguely. Il semble que celui-ci devra maintenant faire une mise à l'enquête pour "parking provisoire". Seul hic : ça fait déjà 5 ans que ses camions et bennes sont là... Hygiénisme électoral (III) La saleté, ce sont moins les tags et grafitis que la sale politique électoraliste de la droite comme de la gauche. Critical Mass Un centre ville arpenté d'hurluberluEs heureuXses en vélo, tandem, drôle de bidule, radeau à roulettes,... à pieds ou en transports collectifs revendiqués gratuits. C'est ce que fut Lausanne le samedi 19 mai grâce à la critical mass #3, impulsion joyeusement non-autorisée, rageusement ludique et heureusement toujours subversive. La prochaine devrait avoir lieu le samedi 1er septembre. Allume tes idées et amène ce que tu voudras y trouver ! Toujours polluées mais jamais étouffées : les poumons corrosifs La Banque Mondiale bat en retraite Face à une mobilisation massive, la BM a annulé le sommet qui devait avoir lieu à Barcelone du 25 au 27 juin. Comme quoi la lutte paie. Mais par contre, ça va pas suffire pour les empêcher d'appliquer leurs politiques de merde. Zurich : des membres du WEF mis à nu Dimanche 3 juin dans l'après-midi a eu lieu une visite guidée en ville de Zurich, qui a réuni une centaine de personnes sous le mot d'ordre "nous allons leur rendre visite à l'heure du café et des gâteaux...". Par la désanonymisation des membres du WEF (World Economic Forum, réuni en janvier à Davos), le groupe "Du café et des gâteaux" voulait ancrer localement la discussion sur le Forum. Ainsi, des haltes avec présentations ont eu lieu devant plusieurs entreprises membres du WEF. On a ainsi pu découvrir le Starbucks Coffeeshop (McDonald's du café), la Citybank (qui a été récemment occupée à Genève en raison de son soutien au Plan Colombia), Holcim (magnat du ciment, qui nuit à l'environnement en brulant des déchets toxiques), la Bank Hofmann, et le Groupe Hirslanden (contrôlé par l'UBS, et qui applique dans ses cliniques privées des politiques de marchandisation de la santé), ainsi que la banque privée Lombart Odier. Ce tour de ville dans une ambiance très calme (sans banderolles et en restant sur les trottoirs) a été un succès car il a permis de partager des contenus sur le WEF et certainement aussi de donner des idées de réflexions ou d'actions à d'autres gens. (Plus d'infos - en allemand - sur Indymedia.org , communiqué du 4 juin) Tute bianche Qui n'a pas vu les photos de ces "guérilléros" urbains se revendiquant du zapatisme, tout de blanc vêtuEs et arméEs d'énormes chambres à air s'affronter à la police lors des manifestations antimondialisation à Prague, Nice, Naples,... ? Or selon nos contacts en Italie, les tute bianche auraient accepté contre monnaie sonnante de la part de la ville de Gènes de faire le service d'ordre lors des manifestations contre le G8, qui aura lieu du 20 au 22 juillet. De quoi relativiser l'enthousiasme que d'aucunEs portent à ces groupes aux alliances floues qui font leur publicité sur de simples faits d'armes. En outre, entre 18'000 et 20'000 policiers, carabiniers, hommes-grenouilles de l'armée, etc. ont d'ores et déjà été mobilisés. Gay & Lesbian Pride Invitation L'infokiosk féministe appelle vivement à prendre part à la Gay & Lesbian Pride le 7 juillet à Sion. En attendant, un débat public est organisé à l'infokiosk (César-Roux 30) le mercredi 13 juin à 18h, sur le thème "Homosexualité et subversion : pour des sexualités plurielles", avec également des invitéEs italienNEs. Ordre moral Olivier Français (encore lui !) n'ira certainement pas à la Gay & Lesbian Pride de Sion cet été. Il a en effet censuré deux des cinq affiches de la boutique d'habits Metro, dont une car elle représente deux femmes en train de s'embrasser. Les autres affiches, d'un sexisme effarant, n'ont par contre pas posé de problème. Une année d'occupation et de résistance à la Cité QUEL AVENIR POUR LA CITE ? Le Tribunal fédéral a refusé d'entrer en matière concernant le recours déposé par les habitant-e-s de la Cité contre le projet de la maison 2, rue Ch. Vuillermet sous prétexte que la décision est du ressort des autorités cantonales. L'ECA (Etablissement cantonal des assurances) pourrait désormais légalement démarrer son projet immobilier : démolition de la maison et construction d'un immeuble nettement plus massif (les experts appellent ça « l'intégration par contraste » !). Que penser de l'attitude du TF, qui se dégage de sa responsabilité alors que son rôle est précisément d'offrir un recours à une décision des autorités cantonales (l'ECA est justement une institution cantonale !) ? Ce rôle est encore confirmé par la conclusion de l'expertise de la Commission fédérale des monuments historiques : « Le projet porte d'une certaine manière atteinte à la Cathédrale de Lausanne en tant que monument d'importance nationale ». Suite à cette décision, la menace d'une nouvelle expulsion devient à nouveau très concrète ! Au-delà de ce projet, c'est l'avenir de la Cité qui se joue, puisque d'autres maisons anciennes sont également menacées de destruction, notamment à la rue Curtat. Il est scandaleux que le canton brade ainsi son patrimoine à un organisme qui ne tient aucun compte de l'avis des habitant-e-s du quartier (l'Etat de Vaud a vendu la maison 2, rue Ch. Vuillermet pour 1 franc symbolique) et autorise la démolition de bâtiments qui pourraient être rénovés. Cette attitude ne peut que porter atteinte à l'ambiance du quartier, qui devient de plus en plus un entassement de bureaux et un lieu de consommation pour noctambules. Pour notre part, nous participons depuis une année à la vie de la Cité : contacts avec l'association de quartier, journée portes ouvertes, animations, repas de quartier, soirées, projections. Nous nous sommes également beaucoup investi-e-s dans l'aménagement de la maison : plancher refait, construction d'un escalier et d'un raccord aux égouts, agencement d'une salle de bains, peintures murales, installations lumineuses. Par ces travaux, nous avons prouvé qu'il était possible de transformer une maison abandonnée en lieu de vie. ET MAINTENANT ? Depuis le premier jour de l'occupation, nous avons tenté de trouver un arrangement avec l'ECA. Celui-ci a systématiquement refusé tout dialogue, préférant faire appel aux tribunaux et aux sécuritas et affirmant déjà, malgré les recours pendants, que les travaux étaient imminents. Face à la situation actuelle et avec la volonté de négocier, nous avons pris contact avec l'ECA afin d'être renseigné-e-s précisément sur l'avancée du projet (calendrier des travaux). On nous répond aujourd'hui qu'il n'est pas possible de nous informer sur le déroulement des opérations pour l'instant … Dès lors, nous sommes déterminé-e-s à exiger certaines garanties sur le démarrage réel du projet qui tout compte fait, ne semble pas relever de l'urgence. Audre Lorde ZAMI, une nouvelle façon d'écrire mon nom Editons Trois / Mamamélis, Québec, 1998 (traduit de l'américain par Frédérique Pressmann). "ZAMI" raconte une partie de la vie de Audre Lorde (1934-1992), activiste et auteure, professeure d'anglais à l'Université de New-York. Mais ZAMI c'est également le nom désignant les femmes qui travaillent ensemble, amies ou amantes. Au fil des pages, Audre Lorde retrace sa vie d'enfant noire dans le New-York des années 40, raciste et pauvre, puis sa vie de femme passionnée d'écriture et de poésie. Dans un récit marqué par l'intensité et l'émotion de ses histoires amoureuses et par sa force, sa volonté de vivre différemment, l'auteure décrit sa double marginalité, à la fois lesbienne, vivant dans le quartier gay, à la fois femme noire, militante, qui ne peut espérer avoir accès aux professions qui l'intéressent. Son écriture est à l'image d'une réalité complexe où elle ne trouve pas sa place mais dont il faut s'accomoder. Ainsi, comme le faisait déjà sa mère, Audre Lorde cherche à donner à la réalité les couleurs qu'elle désire, à réinventer des règles de vie. Elle décrit avec une beauté infinie la sensualité de ses amours féminines pour revenir ensuite, dans un style épuré, aux difficultés matérielles auquelles elle doit faire face et à sa condition de femme noire. Valentine Audre Lorde a également écrit d'autres textes. Egalement disponible en français aux éditions Trois et Mamamélis, son Journal du cancer, suivi de Un souffle de lumière (1998 pour la traduction). Les deux ouvrages sont consultables à l'infokiosk "Je continuerai à combattre toutes les formes d'oppression. Racisme. Sexisme. Homophobie. Personne n'est libre tant que d'autres personnes sont opprimées" Audre Lorde Tyâ Baillis(*) infokiosk Samedi 26 mai, a eu lieu à Yverdon l'inauguration d'un nouvel infokiosk, et ce fut fort sympathique. Nous vous conseillons évidemment d'y faire un tour, il se trouve au premier étage du Quai de la Thièle 3. Il est ouvert le jeudi de 16h à 19h30 et le samedi de 15h à 19h et vous propose un choix de livres, zines, brochures et de musique d.i.y (autoproduite). Vous pouvez venir y lire les publications nouvelles et anciennes, partager un café, une conversation ou y déposer vos propres publications, infos,... Pour écrire: Kristel Stuby, rte de Brinaz 24b, CH - 1004 Grandson kristuby@movingisland.com (*) du patois (=tue baillis), nom donné autrefois aux habitantEs d'Yverdon (si on a bien compris) |