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n°17 (mai 2001) Agenda-journal intersticiel de la mouvance anarcho-alternata-squat-antifa-féministe-précaires,etc. (Lôzane et ailleurs) c/o Infokiosk, Espace autogéré, av. César Roux 30, CH-1005 Lausanne Nous ne sommes pas un phénomène de mode...nous sommes ingouvernables Ne pressentez-vous pas maintenant la démarche féline et imprévisible des partisanEs de la vie à outrance, des guerilleros de la jouissance, des poètes de l'autonomie, soudain liguées en une force irrépressible... Critical Mass Manif en tout ce qui roule sans moteur, Samedi 19 mai 14h00, Parking du vélodrome (Pontaise), Lôzane L'automobile, la solution finale La civilisation automobile nous conduit droit à l'holocauste écologique, plus sûrement que toutes les dictatures, elle extermine la vie sur Terre, sans différence de sexe, de race, d'espèce, animale ou végétale. Epuisement des ressources naturelles, fossiles, minières, pollution atmosphérique et sonore, bétonnage massif. L'être humain est la 1ère espèce vivante à planifier sa propre destruction de façon aussi méthodique. En ville, de longs cortèges de cages d'aciers, où dodelinent de tristes silhouettes, dominent le paysage et pour nous cela équivaut à : se faire écraser (paix à ton âme le martyr du Grey), être sur ses gardes, se contenter des trottoirs, être dirigéE par la dictature du pétrolariat, être marée noiriséE, être effet de serriséE. L'automobiliste est, au naturel, le portrait-robot de l'individu emmailloté dans la marchandise jusqu'à faire corps avec elle. En chacun de nous, l'humain se pétrifie lentement. Le coeur s'assimile à un moteur, la peau se carrosse, les gestes acquièrent les vertus d'un mécanisme. Tue, réagis ou crève ! En vélo, à pied, en trottinette, en rollers, tu redécouvres la ville et ses recoins inexplorés, tu te laisses glisser à un rythme organique, humain, vivant : ton rythme. Les TL ça devrait être gratuit, facile d'accès, convivial, au service des gens, ...aujourd'hui ce n'est qu'une entreprise austère, chère, répressive et qui n'a qu'un seul objectif : la rentabilité. Utopiste ? Tu préfères mort? Non, alors apprend à respirer du gaz et bouffe ton fric, on verra ta tête dans 10 ans. La qualité de vie ne se monnaie pas. Nous ne sommes pas néEs pour être rentables. L'essence de la vie l'emportera sur la vie de l'essence. Les KosovarEs du refuge de Bellevaux luttent pour notre liberté à toutes et à tous Voilà plus de deux semaines que des femmes, des hommes et des enfants originaires de la Kosovë occupent l'église de Bellevaux transformée en refuge pour l'occasion. Ces personnes qui vivent et travaillent parmi nous depuis des années s'opposent à leur renvoi forcé. Au gré des conjonctures ils/elles ont été tour à tour saisonniers, réfugiéEs et maintenant sans papiers. Si nous les soutenons c'est parce qu'ils et elles s'opposent à l'arbitraire de l'Etat qui veut les renvoyer après les avoir livréEs sans droits pendant des années aux patrons suisses, chose que nous dénoncions déjà. Si nous sommes contentEs qu'ils et elles parlent français c'est parce que c'est toujours bien de savoir plusieurs langues. Et qu'on arrête de nous faire chier avec l'intégration, puisque même intégréEs l'Etat veut les virer. Si nous sommes contentEs qu'ils et elles soient indépendantEs financièrement nous ne voyons pas pourquoi il faudrait les renvoyer si ce n'était pas le cas. Après tout ils et elles cotisent comme tout le monde à l'assurance-chômage. En plus l'Etat se permet de ponctionner 10% de leur salaire en vue de leur renvoi, ce qui n'est autre qu'une mise sous tutelle. Enfin nous ne saurions baser notre soutien sur le fait qu'ils et elles contribuent à l'économie Suisse, c'est-à-dire à l'engraissage des capitalistes que nous haïssons tant. Lorsque les représentants de l'Etat, parlant des KosovarEs, déclarent "la Suisse les a accueilliEs et protégéEs" il faut comprendre "le patronat les a accueilliEs et exploitéEs ". Nous n'avons tout simplement aucun intérêt à ce que certaines travailleuses et certains travailleurs aient moins de droits que d'autres. Qu'il s'agisse de politique du travail, du chômage, de l'asile, d'égalité femmes/hommes, l'Etat tente sans cesse de diviser pour mieux régner. L'idée étant ensuite toujours d'aligner tout le monde sur le statut qui nous est le plus défavorable. Nous les soutenons pour ce qu'ils et elles sont. C'est à elles, à eux, à nous de décider où et comment nous voulons vivre et non aux Etats et aux multinationales responsables de la guerre économique comme des guerres tout court, toujours prêts à souffler sur les braises du racisme que leurs politiques ne manquent jamais d'alimenter. Non, nous ne sommes pas des ressources humaines! des libertaires Passe leur rendre visite, coup de main bienvenu. Assemblée Générale, tous les dimanches à 17h au Refuge Rassemblements à la Place de la Palud, tous les mercredis de 17h30 à 18h30. Infos sur le site: http://www.refuge-kosovo.ch Anguille ou caméléon, c'est comme Samarange Un fils d'industriel à poigne de fer contre les gens du peuple Samaranch est issu d'une famille de riches industriels du textile de Barcelone. Après la Guerre d'Espagne, il mena la grande vie grâce aux bénéfices dégagés par une main-d'oeuvre non-syndiquée. Il utilisa la considérable fortune familiale pour acheter un certain nombre de faveurs, tout en menant une vie mondaine. Il se lança ensuite dans la spéculation immobilière avec le financier Jaime Castell pour répondre à l'afflux de touristes sur la côte catalane, et rejoignit plusieurs conseils d'administration dans la banque, l'industrie ou le bâtiment. Egalement membre du conseil d'administration de Telé-Exprés, Samaranch envoya la note suivante au rédacteur en chef quand un article parut à propos d'ouvriers renvoyés d'une usine textile : " Comme d'habitude, vous écrivez pour ceux qui ne lisent pas les journaux. Nous n'arriverons à rien de cette manière. ". En 1967, alors que Samaranch était élu aux Cortès comme candidat officiel du Movimiento franquiste, les ouvriers organisaient une manifestation pour demander des salaires décents. L'état d'urgence fut décrété, les contestataires emprisonnés. Lors des élections de 71, un ouvrier fut tué au cours d'une grève chez SEAT. Après l'assassinat par l'ETA du successeur prévu de Franco, Carrero Blanco, fin 1973, Samaranch fut chargé de superviser la mise au pas de la Catalogne. La répression atteignit une ampleur jamais vue depuis la fin des années 40, avec arrestations massives, torture, exécutions et usages des armes à feu par la police et la garde civile. Un ancien dignitaire du fascisme espagnol de Franco Adolescent, Samaranch rejoignit l'organisation de jeunesse de la Falange, le mouvement fasciste espagnol, et resta fidèle jusqu'au bout à un régime mis au ban des démocraties occidentales. Sa famille avait accueilli avec soulagement le soulèvement militaire de Franco de juillet 36. Seulement, la Catalogne était aux mains du peuple en armes, sous l'impulsion de la CNT-FAI anarcho-syndicaliste. Samaranch dut servir quelques temps dans l'armée républicaine, mais déserta et resta caché jusqu'à la victoire fasciste. Après la guerre, il devint un ami intime de la famille Franco, notamment de sa fille Carmen, par l'intermédiaire de Castell. Au fil des ans, Samaranch devint parlementaire franquiste, membre franquiste de conseil municipal de Barcelone, président franquiste du conseil régional catalan. Parallèlement, on lui attribuait des responsabilités sportives. C'est ainsi qu'en 1956, il rejoint le comité olympique espagnol. Le prix à payer : sa soumission inconditionnelle au régime, par exemple en terminant toutes ses lettres aux responsables sportifs par la phrase : " Toujours à vos ordres, je vous salue le bras tendu. ". En 1966, Franco le choisit comme successeur au poste de délégué national au Sport, l'équivalent de secrétaire d'Etat. En 1973, Samaranch fut choisi pour être numéro trois du régime en Catalogne. Alors que le règne de la dictature touchait à sa fin, Samaranch réaffirma sa fidélité au Movimiento, au prince d'Espagne et à Franco. C'est dans ce contexte que Samaranch mit le sport au service de la dictature franquiste, tout en bâtissant sa propre carrière. Ainsi, les Championnats du monde de hockey sur patins (1951) marquèrent le lent retour de l'Espagne fasciste dans la communauté internationale (après la guerre, l'ONU avait refusé de reconnaître le général Franco). De même, les Jeux méditerranéens (1955) permirent de détourner l'attention internationale de la répression persistante exercée par le régime (signalons que " l'honneur " de participer à ces jeux fut refusé à Israël, pourtant pays méditerranéen). Resté fidèle jusqu'au bout à Franco, n'hésitant pas à enfiler sa chemise bleue fasciste pour défiler le bras tendu dans les commémorations officielles des victimes franquistes de la guerre " civile ", Samaranch fit 21 ans de carrière dans la politique espagnole sous Franco, dont 4 seulement consacrés à l'administration sportive. Le lendemain de la mort de Franco, Samaranch déclara au conseil régional : " L'exemple de Franco sera toujours avec nous dans notre combat pour une Espagne meilleure. " (en catalan ! - langue que Franco avait interdite et s'était évertué à vouloir éliminer…) Un article accablant fut publié sur ses années au service du régime et, le 23 avril 1977, 100'000 personnes manifestaient devant le conseil régional de Catalogne aux cris de " Samaranch dehors ! ". Tant sa vie politique que sa vie sociale en Espagne touchaient à leur fin. Voilà tout un pan de son histoire que les biographies du CIO omettent. Un homme rusé et arriviste Toute la carrière de Samaranch est basée sur les cadeaux, les services rendus, les pots-de-vin, tant dans la politique que dans le sport. Il offrait quelque chose pour recevoir en retour quelque chose de plus grand encore le moment venu. Agissant de même avec les journalistes, il obtint vite une meilleure presse que ses collègues du Movimiento. Après la mort de Franco, il se fit envoyer à Moscou en mission diplomatique (missions interrompues quarante ans plus tôt), mais en réalité, il y allait surtout en tant que représentant de sa propre personne. Toute sa vie, il avait combattu les communistes, maintenant, vice-président du CIO, il les courtisait pour accéder au poste suprême de l'olympisme. Les russes l'accueillirent avec soulagement, les Jeux de 1980 étant censés être la vitrine du régime soviétique. Il apprit le russe. Il n'avait aucun scrupule : que ce soit en catalan ou en russe, il disait aux gens ce qu'ils avaient envie d'entendre, et ça marchait. En juillet 1980, il fut élu à la tête du CIO, écrasant ses rivaux du premier coup. Samaranch avait quitté l'Espagne sous les huées, mais il a su brillamment faire oublier son passé franquiste. C'est sous les acclamations qu'il fit revenir les Jeux à Barcelone en 1992. Mais sa carrière olympique est encore une autre histoire. On peut se rapporter aux livres Main basse sur les JO, Vyv Simson et Andrew Jennings, Flammarion, 1992, et El deporte del poder, Jaime Boix et Arcadio Espada, Temas de hoy, 1991, dont sont également tirées les citations et les informations ci-dessus. Nolympics ! Lorsque Métraux ou Schilt serrent la main de Samaranch, ils se disent certainement que tout cela est du passé et que l'eau a coulé sous les ponts (mais pas sur la flamme olympique). Mais indépendamment de notre avis sur le sport et tout le buisness et les magouilles qui l'entourent, on peut constater que Samaranch a transformé la fonction traditionnellement honorifique de chef olympique en un poste de PDG à plein temps et s'est créé une bureaucratie proprement impériale. La manière dont il dirige le Club, avec son secret, son absence de démocratie, son élite qui s'autoplébiscite, ses cérémonies, son protocole et ses médailles, n'est pas très éloignée du Movimiento cher à son coeur. 1er mai Interview de Nicole Le cliché du pavé Une fois de plus, la manif du 1er mai sert admirablement bien les médias puisqu'ils se remplissent la panse d'événement sensationnels, et jouissent à faire les gros titres tapageurs. Mais nous sommes saouléEs des analyses boiteuses et des clichés qui réapparaissent constamment tels le fameux " casseur ", à la longue banalisés par le public, mais qui, somme toutes, est là pour légitimer les forces de l'ordre dans leurs actions. Ne faisons pas un blocus de l'information en se focalisant sur le point de friction. Si à Berlin la ville donna l'autorisation aux parades de l'extrême-droite, elle interdit et réprima celles des syndicats et de l'extrême-gauche. A Zurich, ce fut quasi semblable, puisque 300 personnes furent arrêtées et la cheffe de la police de se vanter d'avoir fait une des plus grosses arrestations depuis des décennies. Une jeune femme témoigne : " Vers 14h, 500 mètres après le départ de la deuxième parade, des policiers anti-émeutes ont séparés l'avant de la manif du reste, en nous tirant dessus aux jets d'eau-lacrymo, de telle façon qu'ils isolèrent plus de 100 personnes dans une ruelle. Nous avons résisté à leurs assauts pendant une demie heure, puis la police nous chargea, nous plombant de balles en caoutchouc quasiment à bout portant et nous gazant. J'ai passé 9 heures en cellule, dont la moitié menoittée. On m'a inscrit un numéro sur le bras pour l'identification, comme du bétail. Ce pays est démocratique, mais pas envers moi. Nous devons rester uniEs contre l'oppression et continuer à faire valoir nos revendications sociales, jamais je ne me tairai ". Qu'évoque pour toi le travail ? Il y a déjà deux visions principales : le travail PERSONNEL qui développe une activité "auto-lucrative" (qui nourrit l'esprit, la création et l'évolution personnelle) et le travail OBLIGATOIRE (pour qui, pourquoi ?) assimilé au bagne qui, ma foi, nous est très souvent imposé si l'on veut subsister dans la société qui est la nôtre, basée sur le capital... cette deuxième vision profite aux patrons, aux gérances, aux loisirs préfabriqués et à tout un système suffisamment développé qui maintient l'individuE dans la servitude...Vivre pour travailler ou travailler pour vivre ? ? ? Comment t'en sors-tu dans tout ça ? Si on prend le temps (mais le temps c'est de l'argent, disent-ils...) de trouver d'autres solutions (un peu d'astuce) que celles qui nous sont proposées p. ex. : pour le logement (communauté, squat), pour nos besoins vitaux (récups. de bouffe, de fringues), déplacements en vélo ou en commun (prenez-vous le temps d'observer le nombres de personnes dans chaque voiture aux heures de pointes ?...), etc., on peut réduire les dépenses, donc les besoins d'argent, donc travailler moins et trouver quelque chose qui (dans le meilleur des cas) peut allier la première et la deuxième vision du travail... Ou passer le temps libre à se former pour élargir notre champ d'activités... Plus on sait de choses plus il est possible de se démerder dans la vie, donc trouver encore d'autres alternatives... Dans le pire des cas on peut sacrifier une petite partie de notre précieux temps à gagner à la sueur de notre front de quoi survivre et bénéficier quand même de temps libre pour se développer et évoluer dans ce qui nous intéresse vraiment... As-tu l'impression de renoncer à ton confort en vivant comme tu le fais ? Non, car si je peux m'exprimer et réaliser une partie de mes idéaux (qui n'ont pas grand chose à voir avec une vie "Métro-Boulot-Dodo"....), j'ai pas l'impression de sacrifier mon confort, mais plutôt de faire mes propres choix , qui sont d'un confort on ne peut plus important pour le bien-être de l'esprit... Que penses-tu des gens qui passent leur temps à bosser, qui ne peuvent pas s'imaginer de ne pas travailler, et qui parlent de leur travail même pendant leurs vacances ? Eh bien, qu'ils sont rentrés dans le moule que les "grands" de ce monde ont si bien préparé pour eux, mains-d'oeuvre consentante ? Car ceux qui ont le pouvoir ont trouvé les bonnes formules pour un conditionnement (abrutissement ?...) qui fait du travail bien plus qu'une fonction sociale : un accomplissement, une reconnaissance de l'existence même de l'individuE à travers son travail (fortiches les patrons... non ?). ça peut être : - Un peu d'avancement si tu te sens "responsable", entreprisE d'une mission pour le bien-être de ton entreprise, (donc de ton patron, si compréhensif l'année dernière, quand t'as eu une demi-journée de congé pour enterrer ton père, puis faire les commissions et la bouffe de tes 3 enfants dont un est né y a un mois, avant de passer voir ton mari à l'hôpital - accident de chantier... ). - Travail d'équipe compétitif mis au concours à la fin de chaque mois pour récompenser d'un souper (... de boîte) le plus performant des groupes, au nom de la grande famille dont tu fais partie et dont le comité de direction est le patriarche empli de bonté pour ses louveteaux reconnaissants.... - Le jour accordé en plus aux maigres quatre semaines de congé par année de service en plus... Ceci pour bénéficier de vacances bien organisées où tu visites les chambres, le hall et la piscine des hôtels du monde entier (que tu dénatures au passage sans savoir qu'avant l'hôtel vivaient une dizaine de familles avec leurs maigres plantations qui maintenant sont ces "charmants enfants, si pittoresques mais si maigres qui traînent devant l'hôtel" offrants divers services"), mais de toute manière t'es un peu fiévreux car t'as enfin le temps d'être malade.... - La dernière voiture à la mode super puissante en leasing dans laquelle tu braverais le monde entier (sauf celui qui t'a permis de l'acheter...ton bienfaiteur patron) Le dernier film Hollywood (hors de prix) annoncé sans cesse à la télé qui te permet de te vider l'esprit et de " vivre ", par procuration, la grande aventure de ton salon.... Les affiches publicitaires (grandes confirmations de la télé, l'impression sécuritaire de déjà vu) qui te disent quoi acheter, quoi mettre, quoi manger, comment t'amuser (au nom de la mode). De toute manière, t'as pas le temps de trop y penser, entre 18h30 et 19h seul moment où t'as le temps de faire les courses... avec le samedi une fois sur deux...T'as le pouvoir d'acheter, de consommer, fièvre bienfaitrice... Autrement t'en parles tout le temps parce que t'as que ça dans la vie... et tu diras que t'as pas le choix, c'est la vie... (c'est la merde) éternel oppriméE tu resteras... Ah ouais, c'est ça la vie, ah bon....on doit pas être sur la même planète... Brèves Pauvreté et charité. "1 suisse sur 11 est pauvre", nous dit la dernière affiche de l'OSEO. On en déduit que 10 sur 11 sont riches (quant aux étrangerEs, il n'en est même pas question ?!). Les riches engraissent, bouffons-les ! pirates ou vils mercenaire ? Les Pirates d'Ouchy ont offert à la ville un buste de feu Delamuraz, qui s'est toujours rangé du côté de la répression à tel point que pendant Lôzane bouge il avait été surnommé DelaMatraque. Un comble pour de prétendus pirates... Les vieux créent l'insécurité. C'est du moins ce qui ressort de la lecture de l'édito du journal du conseil communal du 9 avril, signé Bernard Métraux. Bureaucratie et administration, la pratique de la déresponsabilisation en acte ou l'inhumain devient possible Ces lignes sont le fruit de l'expérience faite en accompagnant les kosovarEs en voie d'expulsion au service de la population (SPOP, av. de Beaulieu 19). Aujourd'hui même (8 mai) une autre personne a été rendue clandestine par ce même service, elle a dû aller au refuge de Bellevaux pour ne pas être expulsée de force. Or c'est par l'action administrative que l'exécution des politiques est possible et dans ce cas précis, c'est l'exécution de la politique fédérale en matière d'asile, qui s'est toujours illustrée par son côté inhumain, voire criminel (notamment à partir de la dernière révision) qui se fait. Ce qui m'interpelle c'est la réaction des individus, les employéEs de l'Etat, quel est leur rôle, leur tâche, leur degré de complicité ? A la question de savoir si elles ou ils ont conscience de ce que leur action implique, la réponse est unanime : ce n'est pas de notre compétence. CertainEs vont même jusqu'à dire avoir une certaine compréhension pour ces gens mais… "c'est pas à nous de prendre les décisions" (on peut par ailleurs constater que cette réponse est une constante absolument invariable même en remontant les échelons hiérarchiques, jusqu'à arriver aux responsables politiques ! !). C'est de cette façon que le pire, l'innommable, s'accomplit au quotidien, sans que personne puisse être tenu pour responsable (des fois, des décennies après, on arrive à inculper quelque haut fonctionnaire pour crimes contre l'humanité, mais c'est bien rare). Donc à la question de savoir comment les pires régimes politiques - du XXe siècle - ont pu non pas s'installer au pouvoir, mais l'exercer jusqu'à l'échelle microsociale, la réponse se trouve dans l'administration et sa logique de fonctionnement ! Tout était donc déjà en place avant ces régimes et tout est resté en place après leur chute. C'est donc le caractère intrinsèquement autoritaire et déresponsabilisant - qui n'a rien à voir avec les prestations de service public (ou au moins ce qu'elles devraient être) - dont il est question. Le conseil à donner à ces fonctionnaires qui se disent de bonne foi, et qui prétendent être mieux que leurs collègues xénophobes, c'est d'en faire la preuve par l'organisation solidaire et collective, la grève, le sabotage du service, les fautes professionnelles en faveur des administréEs jusqu'à pousser leur chefFEs à les licencier, pour qu'ils et elles ne se sentent pas un étrange poids sur la conscience dans quelques dizaines d'années. MBD Halte à l'homophobie ! Acsion ! Le 7 juillet prochain sera le jour-phare de la Gay Pride 2001 à Sion, avec sa parade (14h.30) et son village (dès 16h.30) où se tiendront animations de rue et théâtre d'improvisation. La manifestation aura été précédée d'une journée destinée principalement aux enseignantEs - le thème de l'éducation étant celui qui a été choisi pour cette année -, d'une soirée thématique tous publics et de deux festivals de films. Les événements qui ont eu lieu autour de la préparation de la Pride 2001 ces derniers mois (propos de Romandit, articles de la revue Médecine et Hygiène n° 2339 par exemple) illustrent la perdurance de l'homophobie, notamment dans les milieux intégristes religieux et de l'ultra-droite. Ils constituent déjà une raison valable de participer activement à cette manifestation. Toutefois, ces événements ne devraient pas constituer la seule et unique raison de soutien. En effet, même si certainEs ont pu reprocher à la Gay Pride des dérives "carnavalesques" ou commerciales, il n'en reste pas moins que cette journée est l'occasion de rappeler que nous, homosexuellEs, sommes encore trop souvent des citoyenNes de seconde zone, objets de discriminations directes et indirectes. Tant que l'hétérosexualité reste la norme, que des personnes se voient contraintes de se masquer (par exemple sur leur lieu de travail), tant qu'une partie de la population reste privée des droits que d'autres se voient accorder, la Gay Pride, qu'elle ait lieu à Sion ou ailleurs, est bien plus qu'une fête. Dès lors les discussions et débats portant sur la pertinence de certaines revendications (Pacs, mariage, droits de succession par exemple) ne doivent pas faire oublier qu'il s'agit bien là d'inégalités criantes. La Gay Pride de Sion est pour nous, de même que pour celles et ceux qui nous soutiennent, une occasion de manifester en toute visibilité contre un ordre moral producteur de discriminations et pour des sexualités plurielles. Tchipi et Papillon Infos : - www.pride2001-sion.org - L'infokiosk féministe organisera une soirée (mixte) de discussion autour de la Gay Pride et l'homosexualité dans le courant du mois de juin. Les personnes intéressées peuvent contacter les femmes de l'Infokiosk lors des soirées à l'Espace Autogéré, ou écrire à : infokioskfemmes@gmx.net |