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n°11 (novembre 2000) Agenda-journal intersticiel de la mouvance anarcho-alternata-squat-antifa-féministe-précaires,etc. (Lôzane et ailleurs) c/o Infokiosk, Espace autogéré, av. César Roux 30, CH-1005 Lausanne Détournements publicitaires: soyons subversifs/sives! Le monde de surconsommation dans lequel nous vivons en Occident ne se contente pas de développer à outrance les grandes surfaces commerciales et les facilités de paiement (et de crédit). En effet, chaque jour et partout, la publicité nous rappelle que nous n’existons que pour consommer et surtout que nous aimons cela. On nous vend sur papier glacé, bonheur, réussite, amour et performances sexuelles. On peut être plus ou moins touchéE ou agresséE par la publicité, mais on ne peut ignorer aujourd’hui qu’elle reflète la volonté de la politique économique de cette fin de siècle: globalisons pour mieux gagner, créons le besoin pour mieux vendre! On ne peut ignorer également que les conséquences de cela ce sont l’épuisement des ressources de la planète, la catastrophe écologique en vue ainsi que la concentration des richesses et des conditions de travail inacceptables pour les employéEs des grandes firmes dans les pays du sud. Journée sans achat Face à cet état de fait il y a plusieurs façons de réagir et de résister à la publicité. En Australie, il existe depuis les années quatre-vingt un mouvement qui détourne les affiches publicitaires dans les espaces publics: B.U.G.A. U.P. (Billboard-Utilising Graffitists Against Unhealthy Promotions). Au Canada, la Media Foundation organise depuis 1992 le Buy Nothing Day. L’action des Canadiens/iennes se poursuit en France depuis l’année dernière avec la Journée sans achat qui a lieu cette année le 25 novembre. Plusieurs associations sont actives dans le domaine de la résistance: le Comité des créatifs contre la pub (CCCP), le R.A.P. (Résistance à l’agression publicitaire) ou encore les Casseurs de Pub à Lyon. Rentrée sans marque A cette Journée sans achat, s’ajoute cette année la Rentrée sans marque organisée par le R.A.P. A travers à une campagne d’affiches, il s’agit de montrer aux jeunes le sens réel des insignes qu’ils/elles arborent en les comparant aux insignes que portaient les jeunes de 1939 qui marchaient au pas des régimes de dictature. Donner aux jeunes la force et les moyens de résistance aux marques est particulièrement important car le port de logo, et surtout le non-port, est actuellement synonyme d’exclusion. L’agression publicitaire touche également un public devenu cible: les enfants. En effet, ces derniers sont des sujets idéaux. Des études montrent que d’un côté, la conscience des marques se forme très tôt, avant l’âge scolaire, de l’autre, il semblerait que la plupart des enfants n’arrivent pas à faire la différence entre une publicité et un autre programme TV avant l’âge de six à huit ans (certains à trois ans mais d’autres à dix ans). Ainsi, malgré des lois restrictives, des enfants d’une classe maternelle parisienne ont reçu la propagande des chaînes de restaurants Hippopotamus et Mac Donald’s, et de la firme Elf Atochem1. Aux Etats-Unis, les écoles primaires sont “cablées” par des entreprises privées. En échange, 1/5 du temps d’antenne est constitué de publicités. La Suisse n’est pas en reste puisque les collégiens/iènnes et lycéens/éennes du Valais ont reçu cette année un agenda de 200 pages dont une cinquantaine de publicité! Les établissements pouvaient refuser, seuls deux l’ont fait. Publicités détournées Pour résister à l’envahissement, on peut bien sûr se contenter d’apposer l’autocollant anti-publicitaire sur sa boîte aux lettres... mais il existe d’autres moyens de résistance dont le détournement est un exemple. Les Casseurs de pub publient - sur le modéle des Adbusters canadiens - une revue proposant des publicités détournées. Sur la base de cette idée, une exposition est organisée à l’Espace Autogéré qui regroupera des détournements de publicités. Ainsi, si vous avez une fausse publicité à proposer (à déposer à l’Espace Autogéré avant le 20 novembre) ou si vous voulez venir prendre de l’inspiration, le vernissage aura lieu le samedi 25 novembre dès 19 heures. Lors de cette exposition, d’autres idées de résistance seront proposées. En effet, différentes actions sont possibles, du sabotage d’affiches publiques à l’arrachage des panneaux en passant par le piratage informatique et autres sprayages nocturnes... A méditer! Pour infos: www.antipub.net et www.adbusters.org Exposition “Détournements”, du 25 novembre ou 10 décembre, à l’Espace Autogéré, César Roux 30, Lausanne. Vernissage le 25 novembre dès 19 heures, repas végétarien et dj. Heures d’ouverture: du mercredi au dimanche de 17h à 19h et les soirs d’ouverture prévus de l’Espace Autogéré. INTERSQUAT Montelly : un dépôt de camions et bennes qui pourrit la vie du quartier Nous voulons porter à la connaissance du public les nuisances que doivent supporter les habitant-e-s du quartier de Montelly, particulièrement celles et ceux du chemin de la Colline, et dénoncer l’attitude mafieuse de l’entreprise Tinguely qui n’est pas pour rien dans cette situation. Nous sommes aux premières loges pour constater ce que dénoncent d’autres voisin-e-s : pollution sonore, émanations de gaz d’échappements, poussière, vibrations, danger pour les piéton-ne-s. Voici en effet ce qu’on trouve sur la rue de la Colline : carrosseries et garages, marbrerie et meuleurs qui travaillent toutes portes ouvertes en été, route privée passablement défigurée par les fréquents passages de poids lourds (Tinguely, Cevey déménagements, livraisons des carrossiers) et camionnettes (convoyeurs de fonds), à quoi s’ajoute aux heures de pointe le trafic automobile privé qui emprunte ce chemin pour éviter les feux de l’avenue de Provence. Les bords de la rue étant loués comme places de parc aux garagistes pour leurs épaves en réparations, il n’est quasiment pas possible de croiser pour les voitures. Lorsqu’un camion passe, les piéton-ne-s doivent s’écarter pour ne pas se faire écraser (il n’y pas de trottoir sur la partie supérieure de la rue). En plus, le terrain vague résultant de la destruction des halles de l’ancienne carrosserie Pavillard a été transformé en parking poids lourds et dépôts de bennes par l’entreprise Tinguely dès l’hiver 95-96. Ce terrain peut compter jusqu’à une vingtaine de camions qui chauffent et partent tous les matins vers 7h et rentrent en fin d’après-midi, soulevant une énorme poussière, puisque ce terrain n’est pas assaini. Un témoignage nous est parvenu d’une voisine habitant juste en face, et qui songe carrément à déménager pour ces raisons. D’autres voisins en ont aussi marre, mais ne savent pas que faire. Lors de la mise à l’enquête pour la démolition des n° 2-4 de la Colline en 1998, les squatters/euses avaient recueilli en quelques jours plus de 200 signatures contre cette démolition qui n’aurait fait qu’agrandir ce terrain vague. Nous ne voulons pas agresser les travailleurs et entreprises, mais pensons qu’il faut aussi tenir les engagements en terme de qualité de vie des quartiers que la Municipalité prône, notamment dans le dernier numéro du journal communal. M. Tinguely agit-il en tant que sous-traitant de la Ville ? Dans un tel cas, que cette politique de socialisation des coûts et privatisation des bénéfices s’arrête immédiatement. Que s’est-il passé ces derniers jours entre M. Tinguely et les squatters/euses ?... Propriétaire des lieux depuis décembre 99, M. Tinguely souhaite utiliser la halle pour stocker des « véhicules légers » (i.e inférieurs à 15 T) opérationnels 24h/24. Pour ce faire il adresse un ultimatum de 3 jours aux occupant-e-s. En réponse à leur lettre du 9 novembre, accompagné de 3 hommes de main, il défonce la porte de la maison d’habitation et fracture une vitre de la halle pour pouvoir l’ouvrir. Pour protester contre ces méthodes, les occupant-e-s organisent un petit déjeuner devant la porte de l’habitation, ce qui empêche les camions de sortir pendant 5-10 minutes, le lundi 13 novembre à 7h. Dépêché sur place, M. Tinguely ordonne de forcer le passage après un délai de 10 secondes, manquant d’écraser des gens. La police présente en observatrice se contente de régler la circulation pour faire sortir les camions. Les chauffeurs et les mécaniciens de l’entreprise se maîtrisent mal. M. Tinguely parle d’aller chercher un trax pour évacuer les lieux. Finalement c’est un camion de curetage de canalisation qui prend position pour asperger le petit-déjeûner, mais il n’entre pas en action. Certains chauffeurs provoquent des échauffourées, certains tentent de frapper (Tinguely dira sur Lausanne FM qu’ils ont dû se retenir...). L’entreprise Tinguely se distingue par l’attitude mafieuse par laquelle elle prend ses aises dans le quartier. Alternance de paternalisme, de menaces et d’intimidation. Avec ses ouvriers : je vous paie, donc vous faites tout ce que je vous dis sans réfléchir. Avec les garagistes : je vous loue des places de parc, alors vous m’obéissez au doigt et à l’oeil. Avec les passant-e-s : j’ai des gros camions, poussez-vous que je passe. Avec les squatters : vous ne payez pas de loyer, alors vous n’avez rien à dire. Les maisons à celles et ceux qui les habitent, pas à ceux qui polluent ! Pas de camions sous des pièces d’habitation ! Squatters et locataires, solidaires pour l’amélioration de la qualité de vie du quartier ! Le squat de la Colline existe depuis 1993. Les halles qui abritaient alors l’espace autogéré ont été détruites en 1994. La partie supérieure sert d’habitation, et la partie inférieure d’atelier et de local où sont servis chaque mercredi des repas végétariens. Bien que le nouveau PPA ait été accepté, M. Tinguely n’a aucun projet pour la parcelle, si ce n’est d’étendre l’emprise de ses camions. Les occupant-e-s partiront quand des travaux pour des logements et des locaux respectueux de la qualité de vie du voisinage pourront effectivement démarrer. Questions: - Un dépôt-parking plein air sur un terrain en terre battue sous lequel passe le Flon correspond-il au PPA et aux lois sur la protection de l’environnement (Osol, Leaux, OPE, Opair, OPB,...) ? - Un dépôt de ce genre est-il compatible avec des zones d’habitation ? - Quelle est la collaboration entre l’entreprise Tinguely et la commune de Lausanne (notamment pour le curetage de canalisations, le service de balayage et les chasses-neige) ? - En lien avec la question précédente, serait-il donc imaginable que la Ville propose des hangars où Tinguely pourrait entreposer ses véhicules de façon décente écologiquement parlant et sans nuire à la qualité de vie des habitant-e-s du quartier ? - Comment la Municipalité compte-elle réagir si l’attitude de “caïd” de Tinguely et des 85 hommes qu’il se vante de pouvoir mobiliser devait provoquer des « accidents » (p.ex. lundi 13 novembre 2000, un cameraman de la TSR a manqué de peu de se faire écraser par une Jeep de chantier et s’est fait menacer physiquement par un des employés de Tinguely. L’avait-il pris pour un squatter ?). Halloween: Debout les morts ! Samedi 28 octobre, plus d’une cinquantaine de personnes se sont rassemblées au parc de Valency avant de se rendre sur les décombres de l’espace autogéré de Prélaz. Trois mois après l’expulsion par 150 flics, les travaux n’avaient toujours pas commencé. Le 28 octobre, c’est aussi la date anniversaire de l’expulsion de la Villa Primerose, monument historique et 1er espace autogéré, en 93. Aujourd’hui, c’est toujours un terrain vague, par contre la justice n’aime pas qu’on fasse des vagues : récemment elle a condamné à 5 jours de prison avec sursis à une personne pour avoir dit au mégaphone “restez groupés” quand la police a attaqué le cortège pacifique qui célébrait ce triste anniversaire en 95. La destruction des halles de la Colline (2e espace autogéré) en 1995 a aussi été évoquée, de même que la menace qui pèse sur le squat de la Cité où l’Etablissement Cantonal des Assurances veut expulser les occupantEs alors que les travaux ne sont pas près de commencer. Un tract demandait la fin des expulsions, le retrait des plaintes concernant les squats, et l’eau et l’électricité comme un droit, y compris pour les squatters. Ultime rebondissement au squat de la cathédrâle Les habitantEs du quartier ont déposé un recours au Tribunal Fédéral. La démolition de la maison est donc repoussée de plusieurs mois, voire plusieurs années. Le propriétaire (ECA), toujours aussi hargneux, a lancé une nouvelle procédure juridique... Suite au prochain numéro Du nouveau aux Pépinières Du nouveau aux Pépinières Des bouffes pop' auront lieu tous les derniers jeudis du mois au chemin des Pépinières 11 à Renens. Réouverture de l’espace autogéré Eh, non, ce n’est pas la Dolce qui rouvre avec une nouvelle équipe. C’est l’espace autogéré qui rouvre dans les locaux de l’ex-Dolce (paix à son âme, qui devrait ressusciter vers fin 2001 à la rue Centrale). C’est l’occasion de réaffirmer que l’espace autogéré c’est : - Un fonctionnement et une perspective de vie antiautoritaire. Il n’y a donc ni comité, ni président, ni structures institutionnalisées et les décisions sont prises en Assemblée générale hebdomadaire de façon non-hiérarchique. - Des projets développés sans subventions ni sponsors et dans une logiques anti-profit. Le soutien à des groupes autoproduits et qui jouent en dehors des circuits commerciaux. La volonté d’organiser des activités où les gens ne viennent pas en consommateurs/trices mais en individuEs autonomes. Bref que le lieu soit pris en charge par toutes celles et ceux qui s’y intéressent de près ou de loin. - Le dégoût et le refus du pouvoir, du fascisme et du sexisme. Avant les fêtes, on mange et l’infokiosk nourrit aussi. Dès décembre, bouffes tous les jeudis à 20h au Potage de plombs. Samedi 27 janvier 2001 Fartez vos skis, toutes et tous à Davos ! Bloquons le World economic forum (WEF) ! Comme tous les ans, il se prépare une manifestation et des actions contre le WEF de Davos. Plus de 2'000 "global leaders" autoproclamés s'y rencontrent chaque année lors de ce meeting. Le 31e meeting aura lieu du jeudi 25 au mardi 30 janvier 2001. Une manif aura lieu le samedi 27 janvier. Elle est organisée par la coordination anti-OMC de Suisse, coordination issue des mouvements autonomes, zapatistes et de cercles féministes. Après la manif internationale du 30 janvier 2000, et le blocage de l'Asian Pacific Economic Forum à Melbourne le 11 septembre dernier, la gauche radicale, les libertaires, les cercles féministes, les ONG critiques, ainsi que des partis et des syndicats de gauche, des organisations de paysans progressistes, etc., de différents pays ont fait part de leur intérêt à participer à des actions de protestation lors du prochain meeting du WEF à Davos. L'objectif à moyen terme de la coordination anti-OMC est de ne plus permettre la tenue du WEF, un meeting arrogant et patriarcal des " global leaders " du monde. La mobilisation se fera sur la base de la plate-forme créée par les groupes anti-OMC dont les trois principes fondamentaux sont: 1. Nous rejetons tout système et toute forme de domination et discrimination C'est parce que nous luttons au quotidien contre le capitalisme, le racisme, le patriarcat, l'autoritarisme, le nationalisme et l'antisémitisme que nous nous mobilisons aujourd'hui contre le WEF, dont le but est de donner le plus de pouvoir possible à ceux qui s’appuient sur ces différents systèmes d’exploitation pour faire le plus de profit possible. Sachant que nous ne sommes pas à l’abri des contradictions dominantes, nous affirmons la nécessité d'exclure ces formes d'oppression et de discrimination dans nos groupements, comme dans nos actions et manifestations. 2. Il n’y a rien à garder du WEF. Fondamentalement, et en raison de l’importance stratégique du WEF dans le redéploiement du capitalisme néolibéral sur tous les espaces géographiques, politiques et sociaux du globe, notre but est de l’anéantir. 3. Notre position face au WEF est confrontative, ce qui exclut tout dialogue, tout travail de lobby avec cette organisation, à laquelle nous n’accordons aucune légitimité. Nous ne voulons pas donner la possibilité au WEF de se donner une image d’organisation ouverte et pacifique par leur propagande de "disposition au dialogue " avec une "société civile " triée sur le volet. Ce soi-disant dialogue dicté par les dirigeants de ce monde n’est qu’un paravent pour étouffer toute critique radicale. Notre but est d’organiser une mobilisation forte, large et déterminée, ainsi que de renforcer celles et ceux qui combattent l’idéologie et les institutions néo-libérales ; les liens ainsi tissés devraient permettre de développer, discuter, confronter et concrétiser d’autres modèles de société. Plus d'infos dans le prochain numéro. International Le WWF garde le silence puis édulcore une étude sur la destruction de la forêt pluviale En 1997, le WWF et le World Resources Institute ont réalisé une étude sur la destruction des forêts tropicales par les multinationales du bois. Cette étude a montré une recrudescence du pillage de forêts primaires, de nouvelles violations des droits des indigènes et une recrudescence de la corruption, dus au transfert très rapide de firmes asiatiques (qui ont déjà détruit plus de 60% des forêts de Sarawak) en Afrique ainsi que dans les Caraïbes et les terres du Pacifique Sud. Les auteurs de l’étude citent plus d’une centaine de noms de firmes impliquées, dont les sociétés malaysiennes WTK et Rimbunan Hijau, et recommandaient un moratoire sur les investissements dans onze des pays concernés (dont le Cameroun, le Gabon, le Surinam, la Papouasie Nouvelle-Guinée et les îles Salomon) jusqu’à ce que les cas de corruption les plus scandaleux soient sanctionnées et que soient appliquées des normes minimales de protection de l’environnement. Sans quoi une grande partie de la forêt primaire de ces régions disparaîtrait dans les 5 à 10 ans... Le rapport critique également la Banque mondiale et le FMI, qui contribuent à cette situation en contraignant certains Etats à vendre rapidement leur bois précieux pour le paiement de leurs dettes envers les pays occidentaux. La Communauté Européenne, commanditaire de l’enquête (classée « strictement confidentiel » en 1997) demande de retirer le nom des firmes coupables, craignant les plaintes de firmes et de gouvernements asiatiques mêlés à des cas de corruption selon le rapport. Malgré cela, le rapport n’est pas publié. En 1999, la CE accepta de publier une version moins explosive, mais le WWF s’y opposa, craignant que certains pays critiqués ne ferment les bureaux locaux du WWF. Ce n’est qu’en juin 2000 qu’une version encore plus édulcorée est publiée. Comment le WWF expliquera-t-il cela à ses donateurs/trices ? ? ? (source : Tong Tana, bulletin d’information du BMF, octobre 2000) Chiapas : tout changer pour que tout reste comme avant Aux dernières élections de juillet et août dernier, le PRI (parti révolutionnaire institutionnel au pouvoir depuis depuis plus de 70 ans) a été défait. Le vainqueur des élections présidentielles entrera en fonction le 1er décembre : il s’agit de Vicente Fox, ex-PDG de Coca-Cola-Mexique et adepte sans faille du néolibéralisme. Malgré les promesses de démocratisation et de respect des droits humains du nouveau président, rien ne porte à croire que la question zapatiste va trouver une issue heureuse. Fox a par exemple annoncé à certains sa volonté d’une solution rapide et négociée au conflit, tandis qu’il annonçait à d’autres une solution militaire : « Donnez-moi une demi-journée et plus personne ne parlera du Chiapas ! ». On ne connaît également que trop bien les liens de Fox avec l’Eglise, son opposition à l’avortement et son homophobie. De plus, la conséquence de l’élection de Fox, sera le maintien si ce n’est le renforcement de l’ALENA. Ce n’est pas un hasard si les multinationales ont soutenu la candidature de Fox. Pour elles le territoire zapatiste est une mine de richesses à exploiter une fois que les indigènes en auront été chasséEs. Par ailleurs, des nouvelles alarmantes parviennent depuis début octobre : la guerre de basse intensité se poursuit au Chiapas, des paramilitaires interviennent en force dans les communautés zapatistes et en chassent les habitantEs. Quant aux zapatistes, ils/elles ont exprimé leur position à propos des élections dans leur communiqué du 19 juin : « ... nous continuerons d’attendre l’accomplissement des Accords de San Andrès (signés avec les zapatistes en 1996 mais jamais respectée par Zedillo, le président sortant, ndlr) et des signes clairs, de ce gouvernement ou du prochain, d’un engagement sérieux sur la voie politique en tant que solution à la guerre. Tant que les conditions adéquates ne seront pas remplies, il n’y aura ni dialogue, ni négociation. » « Plan Colombie » : vers un nouveau Vietnam En Colombie, le chômage atteint 20%, et 40% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour. En 1999, la Colombie a surclassé la Turquie en tête des bénéficiaires de l’aide militaire américaine. On compte 3000 assassinats et 300’000 réfugiéEs supplémentaires chaque année. Sous couvert de lutter contre la drogue, le « plan Colombie » contribuera à vietnamiser une vaste région d’Amérique du Sud. Il s’agit en réalité d’écraser la guérilla en combinant une violence sociale extrême, le renforcement d’un puissant appareil militaire et une guerre biologique contre les plantations illicites, notamment par le champignon vert Fusarium oxysporum, qui représente un risque énorme à cause de sa possible mutabilité et de la libération de micro-toxines. L’orientation du plan vers une augmentation de la violence met en danger l’espoir d’une solution politique négociée à un conflit armé vieux de plus de cinquante ans, et comme au Chiapas, cherche à essoufler la contestation sociale contre la misère et la faim que génère l’application du modèle capitaliste.. |