Autre numéro



n°01 (mars 2000)
Agenda-journal intersticiel de la mouvance anarcho-alternata- squat-antifa-féministe et Jean Passe. (Lôzane et monde)

Editorial
Nous voilà ! Ni secte, ni parti, agrégation aléatoire de groupes ou d'individuEs, les gens qui écrivent dans cette feuille font vivre des luttes pour une société plus juste, contre tous les pouvoirs et contre l'exploitation. Pour le reste, regarde autour de toi, occupe-toi de ce qui te regarde pas, car ça te regarde. Demain, c'est peut-être toi qui feras ton propre journal.

Promenade antifasciste
1000 personnes manifestent pour une société sans racisme, sans sexisme, ni exploitation
Comme annoncé dans le n° précédant de T'OKUP'!, une promenade antifasciste s'est déroulée samedi 26 février 2000 à Lausanne. Le texte suivant a été lu au début de la promenade:

"Si nous manifestons aujourd'hui c'est bien sűr:

- contre l'installation d'un partie d'extrême droite au pouvoir en Autriche
- contre les attaques racistes contre des centres de requérant-e-s que ce soit à Chavannes, à Yverdon ou partout ailleurs
- contre l'attaque de l'Espace autogéré par des nazis-skins

...mais pas seulement

C'est aussi pour une société sans racisme, sans sexisme, ni exploitation. Nous ne saurions souscrire à un antifascisme de façade. Nous saluons et soutenons la lutte antifasciste de nos camarades en Autriche ainsi que leurs revendications sociales souvent tues par la presse, nous restons perplexes face aux protestations des gouvernements européens qu'ils soient prétendument de gauche ou vraiment de droite. Ces gouvernements, de même que le gouvernement suisse qui lui s'illustre comme d'habitude par son silence, n'ont pas attendu l'arrivée du parti de Haider en Autriche pour ficher, expulser, enfermer et assassiner les requérant-e-s.

Contre les droites signifie contre les politiques de droite, qu'elles soient menées par les sociaux-démocrates, les démocraties chrétiennes ou l'extrême-droite.

A l'école, au boulot, à l'office régional de placement, au bistrot, dans la rue, partout et toujours, mêlons-nous de ce qui, soi-disant ne nous regarde pas. La solidarité n'est pas qu'un slogan de manif ! Le meilleur antifascisme ce sont les luttes sociales.

Pour une société sans racisme, sans sexisme, ni exploitation"

La manifestation, qui se voulait pacifique mais déterminée a été une réussite puisqu'elle a réuni en moyenne entre 600 et 1'000 personnes, avec des pointes jusqu'à 1'500. Durant plus de 2 heures, la manifestation a sillonné la ville en passant par St-Laurent, le Tunnel, St-François, Bel-Air, Chauderon pour aboutir à l'Espace Autogéré de Prélaz. Différentes prises de parole ont eu lieu pendant le trajet, faisant le lien entre antifascisme et luttes sociales. Des collectifs féministes, de défense des chômeuses et chômeurs, de défense des requérantEs d'asile, des squatteuses et squatteurs se sont exprimés. Dans le quartier populaire du Tunnel, des manifestants ont dénoncé la présence de la galerie de la Nouvelle Acropole, qui, sous une façade culturelle, cache une secte fascisante, déja condamnée comme telle par un tribunal français. La promenade en musique fut un succès dans le sens où elle a rassemblé des gens d'horizons divers, dans un esprit festif mais déterminé. Nous avons pris la rue pour montrer clairement que nous ne laisserons pas l'intimidation fasciste s'installer dans nos quartiers.
Cette manifestation, appelée par la "coordination contre les droites et le fascisme", avait reçu le soutien de:
SOS-Asile Vaud, la Ligue Suisse des Droits de l'Homme - section VD, l'Association de Défense des Chômeuses et Chômeurs, l'association Sleep-In, le Mouvement d'Intervention Anti-autoritaire, l'Organisation Socialiste Libertaire, l'Athénée Libertaire, l'Espace Autogéré, les Jeunesses Popistes, le POP, le Parti Socialiste Vaudois, le SIVT, le SSP Lausanne, l'Union Syndicale Vaudoise, les Bad Girls, les Casse-Rôles, les Mâles Barrés.


Le 1er avril, les poules auront des dents à Prélaz
En été 1993 un groupe s'est constitué et a fondé l'espace autogéré. Depuis cette date, diverses maisons ont été occupées par l'espace autogéré qui s'est finalement installé sur le terrain de Prélaz, ancien dépôt des T.L., en été 1995.

Dans son courrier du 5 octobre 1999, le syndic J.-J. Schilt nous informait que « on peut affirmer aujourd'hui que les travaux ne commenceront pas avant le mois de mai 2000 ».
Trois mois plus tard, le même J.-J. Schilt - par ailleurs toujours prompt à parler de confiance - nous demande de quitter les lieux pour le 31 mars « au plus tard » ...

Non content de ne pas respecter leurs engagements, les TL nous donnent un délai dérisoire pour quitter les lieux alors que les oppositions soulevées par la mise à l'enquête du projet n'ont même pas encore été traitées !
Le site de Prélaz qui abrite l'espace autogéré est donc menacé de destruction. A la place sont prévus : centre commercial, parking souterrain et logements.
Comme par hasard, la 1ère étape des travaux (dont la durée totale est estimée à 6 ans) commence par la démolition des bâtiments que nous occupons, alors que le projet s'étend sur l'entier de la parcelle. Nous trouvons scandaleux qu'un lieu de vie se fasse détruire alors que les deux autres tiers de la parcelle sont occupés par des voitures !
Nous pensons que cette ville a plus besoin d'un lieu autogéré que d'un énième lotissement avec vue sur centre commercial. Squatter n'est pas qu'une réponse à un besoin de logement mais un moyen de remettre en question le privilège des propriétaires, c'est créer un lieu de revendication et offrir une alternative à ce que nous propose la société de consommation. Nous voulons un lieu d'échange, non compétitif, où l'argent peut perdre de sa valeur et où la culture ne se consomme pas !
Dans cette optique, nous avons développé à Prélaz des projets tels que : un bistrot, une salle de concert et de performance, un cinéma, un restaurant végétarien, des ateliers : forge, sérigraphie, poterie, vélo mécano, danse, musique, acrobatie, un infokiosk (presse alternative), une salle d'exposition, des échanges de savoir, une installation de douche solaire, un jardin (débétonnage), un poulailler, un espace de vie en communauté.
Aujourd'hui, après 5 ans d'activité, les TL nous avertissent au dernier moment de la date du début des travaux et ne tiennent aucun compte des oppositions déposées lors de la mise à l'enquête, toujours en cours de traitement. Nous considérons que cette attitude arrogante relève d'une volonté de se débarrasser de l'Espace Autogéré sous n'importe quel prétexte.
Pour toutes ces raisons nous refuserons de partir le 31 mars et ne considérons désormais plus J.-J. Schilt et les TL comme interlocuteurs valables.
Assemblée générale de l'Espace Autogéré, communiqué de presse (février 2000)


Brèves
Dimanche.ch : du vide entouré de pub. Voilà donc un nouveau journal du dimanche, aussi minable que tous les journaux du dimanche: en moyenne 15% d'en-tête, 15% de titres, 30% d'images, 10% de brèves où il y a juste la place pour le titre des communiqués, 1 page de pub sur 3. Calculez ce qui reste pour les articles à proprement parler, qui sont en bonne partie des traductions du SonntagsBlick.
On arrive à un résultat encore pire que la nouvelle formule du 24H (heureusement qu'il n'a pas de version du dimanche), sur fond de sous-enchère beaufisante dans la concurrence que se livrent les groupes Ringier et Edipresse.

Rumeur: l'UBS, grütli du capital, quitterait la suisse.... Inquiètude des médias: qu'en pense le bon peuple suisse? En fait il s'en fout, c'est au moins ça de bien!

Mexique. A l'appel de l'Union nationale des étudiant-e-s suisses, un rassemblement a eu lieu devant le consulat du Mexique à Berne, pour protester contre les centaines d'arrestations des grévistes de l'UNAM.
En outre, Amnesty International dénonce les mauvais traitements et la torture que les forces de l'ordre mexicaines ont utilisé pendant les arrestations et les interrogatoires.
Haider. Mardi 15 février, une vingtaine de personnes ont occupé le consulat d'Autriche à Lausanne pour soutenir le mouvement social autrichien. Manque de bol, le consulat était fermé pour vacances (mais le consul s'est tout de même déplacé). Mais l'intention y était...

Sans-papiers. La lutte pour la légalisation des ex-saisonniers yougoslaves continue. Faudra-t-il occuper une église pour que Berne cède ?

Aujourd'hui. Pour que ce bimensuel libertaire continue à être distribué en kiosque, il doit vendre au moins 200 exemplaires/no. Pour connaître les lieux de vente:
022/734'29'22
Mail: aujourd'hui_innocent.com

Non-votants: pour l'élection complémentaire à la municipalité de Lausanne, continuez à ne pas voter, car voter, c'est se donner des maîtres.

Exploité-e-s en programme d'occupation. L'ADC a dénoncé des cas d'emplois temporaires subventionnés à plein temps pour 500 frs par mois. Le SECO (secrétariat de l'économie à Berne) a parlé d'une malencontreux malentendu qui serait rectifié. En fait il s'agit d'un "dommage collatéral" de la nouvelle loi sur le chômage qui s'abat sur les personnes précaires. Dénoncer partout et toujours reste la meilleure défense.


La Marche mondiale des femmes à Lausanne
La Marche mondiale des femmes "contre la pauvreté et les violences faites aux femmes", lancée par la Fédération des femmes du Québec, est une initiative portée par les personnes directement concernées - les femmes -. Réunissant plus de 3000 collectifs de 144 pays, la marche a développé des centaines de revendications, dont il faut admettre que certaines sont insuffisantes d'un point de vue antipatriarcal et anticapitaliste, mais cela est le lot de tous les regroupements unitaires.
Cette marche participe néanmoins à la conquête de l'autonomie des femmes en mettant en cause la logique de domination qui permet aux hommes, aux patrons, aux riches et au Nord d'imposer la soumission des femmes, des salariéEs, des pauvres et du Sud. Ses revendications sont en constante élaboration, la marche est une tentative de fédération des luttes qui auront lieu cette année et les suivantes. Une manifestation aura lieu le samedi 4 mars pour lancer la Marche mondiale à Lausanne (10h30 Place Arlaud), suivie d'activités toute la journée à la Sor' (ex-Frat'). Me 8 mars: départ européen de la marche des femmes, 14h30 Pl. des Nations à Genève.